Le Burkina Faso réintroduit la peine de mort dans son arsenal juridique. Le Parlement a adopté à l’unanimité un nouveau Code pénal prévoyant le retour de la peine capitale. C’est ce qu’a annoncé mardi le ministère de la Justice. La réforme vise à renforcer l’ordre public, à consolider les valeurs fondamentales de la nation et à garantir la sécurité des personnes et des biens
Cette décision intervient dans un contexte marqué par une insécurité persistante et relance le débat sur l’application de la peine de mort dans le pays. Abolie en 2018, la peine capitale fait son retour dans le droit burkinabè.
Le nouveau texte prévoit notamment la peine de mort pour plusieurs infractions, dont les actes de terrorisme, l’espionnage, la trahison et le parricide. La mesure concerne également l’importation de produits périmés ou interdits lorsque celle-ci entraîne la mort.
Cette décision marque un tournant dans la politique pénale du pays. Selon Amnesty International, la dernière exécution recensée au Burkina Faso remonte à 1988. L’organisation de défense des droits humains avait d’ailleurs appelé les autorités à renoncer au rétablissement de la peine capitale, supprimée du droit burkinabè en 2018.
La peine de mort…. dans un contexte d’insécurité
Le gouvernement du capitaine Ibrahim Traoré justifie ce retour de la peine de mort par la nécessité de renforcer la sécurité et de protéger les populations. Le président de la République, chef du régime militaire, avait annoncé dès l’année dernière son intention de réintroduire cette sanction dans la législation nationale.
Le pays fait face depuis plus d’une décennie à des violences perpétrées par des groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique. Ces attaques ont fait des milliers de morts et provoqué le déplacement de nombreuses personnes à l’intérieur du territoire.
Dans ce contexte sécuritaire difficile, le rétablissement de la peine capitale constitue un nouveau choix majeur des autorités burkinabè en matière de justice pénale. Il intervient toutefois malgré les appels d’Amnesty International à maintenir l’abolition de cette sanction.
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