Le retour des réfugiés burkinabè se prépare progressivement dans les pays du golfe de Guinée. Le Togo, le Burkina Faso, le Bénin et le Ghana ont tenu une rencontre du 9 au 11 septembre 2026 sur le sujet lors de la 2e réunion ministérielle du Dialogue de Lomé. Les travaux ont abouti à la signature de 3 accords tripartites avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
Ces textes posent les bases d’un éventuel rapatriement des réfugiés lorsque la situation dans les zones de retour le permettra. Ils prévoient également une coordination entre les pays concernés afin de suivre les différentes étapes du processus et d’accompagner la réintégration des personnes retournées.
La signature de ces accords intervient alors que les déplacements liés à l’insécurité au Sahel continuent de peser sur les pays voisins. Les États côtiers accueillent depuis plusieurs années d’importantes communautés ayant fui les violences au Burkina Faso.
Les chiffres communiqués par le HCR donnent une idée de l’ampleur du phénomène. En 2024, l’espace Sahel Plus comptait 4,7 millions de personnes déplacées, soit 12 % de plus qu’en 2023. Près de 127 000 Burkinabè avaient alors rejoint le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Togo.
À la fin de 2025, plus de 170 000 réfugiés et demandeurs d’asile étaient recensés dans ces quatre pays, avec une forte majorité de ressortissants burkinabè. Leur accueil entraîne des besoins importants en matière de protection, de nourriture, de soins et d’accès aux services de base.
Retour au Burkina Faso
La Côte d’Ivoire illustre cette pression humanitaire. En mars 2025, le Programme alimentaire mondial avait lancé un appel de 4,6 millions de dollars pour venir en aide, durant six mois, aux demandeurs d’asile burkinabè et aux communautés d’accueil dans le nord du pays.
“La rencontre ministérielle a été un moment décisif dans la consolidation des acquis du Dialogue de Lomé, dans le renforcement de notre coopération régionale et dans l’accélération de la mise en œuvre des engagements que nous avons pris ensemble”, a souligné Hodabalo Awaté, ministre togolais chargé de l’Administration territoriale.
Au-delà du rapatriement, les participants ont appelé à renforcer les moyens permettant aux réfugiés et aux communautés hôtes de développer des activités économiques et d’accéder aux services sociaux.
Le Mali et le Niger ont participé aux discussions comme observateurs. De son côté, la Côte d’Ivoire poursuit les négociations avec le Burkina Faso et le HCR pour parvenir à un accord du même type.
Cette dynamique s’inscrit dans la stratégie sous-régionale 2026-2030, qui mise sur plusieurs réponses complémentaires : protection des réfugiés, inclusion dans les pays d’accueil et recherche de solutions durables, notamment le retour volontaire.
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