Le Bénin durcit les règles d’approvisionnement de ses administrations publiques. Aristide Médénou, impose aux administrations, institutions et autres entités publiques de privilégier les produits locaux dans huit catégories de biens. Le ministre de l’Économie et des Finances a signé une lettre circulaire dans ce sens.
Le document, référencé n°213/MEF/DC/SGM/DNC/Sp-c, a été publié le 10 septembre par l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP). Il s’inscrit dans la politique de promotion de la production locale et vise à renforcer la place des artisans, des unités de production et des entreprises béninoises dans la commande publique.
La mesure concerne les produits céréaliers et dérivés, les produits oléagineux et dérivés, les boissons et eaux, les produits d’hygiène et d’entretien, les textiles et l’habillement, les mobiliers scolaires et administratifs, les instruments culturels et musicaux ainsi que les matériaux de construction et ouvrages.
Une préférence nationale pour les produits locaux
La circulaire précise que les acquisitions doivent être réalisées auprès d’artisans, d’unités de production ou d’entreprises locales dûment habilités. Les produits commandés doivent respecter les spécifications techniques, les normes et les exigences de qualité prévues dans le Répertoire des prix de référence (RPR).
Cette obligation s’applique à l’ensemble du processus d’acquisition, depuis l’expression du besoin jusqu’à la réception de la commande. Les administrations ne pourront donc pas limiter la préférence nationale au seul choix du fournisseur au moment de la passation du marché.
Le recours à un produit importé, lorsqu’un équivalent fabriqué localement figure sur la liste annexée à la circulaire, est soumis à une autorisation préalable du ministre de l’Économie et des Finances.
Le Répertoire des prix de référence doit également servir à l’actualisation périodique de la liste des produits concernés.
Des céréales aux matériaux de construction
La première catégorie de produits locaux regroupe notamment le gari fin ou ordinaire, le gari premium au lait de coco, le riz, le fonio, le maïs, le mil, le haricot, le sorgho, l’attiéké et les cossettes d’igname. Les produits oléagineux comprennent, entre autres, l’huile d’arachide, l’huile de palme, l’huile de sésame, certaines huiles végétales, la pâte d’arachide, les graines d’arachide et le beurre de karité.
Dans la catégorie des boissons et eaux, la liste cite notamment les jus locaux de gingembre, d’ananas, de mangue, de bissap et de baobab, ainsi que l’eau minérale et d’autres boissons fabriquées au Bénin.
Les produits locaux d’hygiène et d’entretien couvrent notamment les savons liquides, les pains de savon et les désinfectants.
La rubrique consacrée aux textiles et à l’habillement concerne les tee-shirts, les casquettes, les maillots personnalisés et différents uniformes, notamment ceux des forces armées et assimilées ainsi que du personnel de la justice.
La liste des produits locaux inclut également les mobiliers scolaires et administratifs, les instruments culturels et musicaux, ainsi que les matériaux de construction et ouvrages, dont les briques et les pavés.
Le ministère rattache cette instruction aux règles d’exécution du budget des administrations publiques, à la politique nationale de promotion de la production locale et au Code des marchés publics issu de la loi n°2020-26 du 29 septembre 2020. La circulaire fait également référence au règlement communautaire de l’UEMOA relatif à l’artisanat.
Les autorités béninoises entendent ainsi faire de la commande publique un levier de soutien aux producteurs nationaux. La portée effective de la mesure dépendra toutefois de la capacité des fournisseurs locaux à répondre aux exigences de qualité, de volume, de disponibilité et de prix fixées par les administrations.
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