PKFOKAM

Gabon : 1 700 milliards FCFA attendus dans les caisses

Vanessa DEKADJE (Stagiaire)
By
Vanessa DEKADJE (Stagiaire)
Eyram Vanessa DEKADJE est étudiante en journalisme à l’ISICA (Université de Lomé), spécialisée dans le journalisme web et les médias numériques. Passionnée par l’actualité et le...
4 Min Read
🎧 Écouter cet article ≈ 2 min
0:00 –:––

Au Gabon, l’affaire des 1 700 milliards de FCFA continue de susciter des interrogations. Si elle n’est toutefois pas présentée comme des récents détournement, il s’agit néanmoins d’un stock de débets et d’amendes issus de décisions de la Cour des comptes accumulées depuis plusieurs années. Les personnes concernées doivent régulariser leur situation avant le 7 octobre.

Depuis plusieurs semaines, l’affaire des 1 700 milliards de FCFA de débets et d’amendes alimente les interrogations au Gabon.   

- Advertisement -

Débets et amendes

Mais contrairement à certaines perceptions, il ne s’agit pas de 1 700 milliards FCFA qui auraient été détournés au cours des derniers mois. Le premier président sortant de la Cour des comptes, Alex Euv Moutsiangou, avait précisé que ce montant correspond au cumul de décisions rendues depuis plusieurs années, certaines remontant à 1985.

Le débet désigne une somme qu’une personne doit restituer à l’État ou à un organisme public après qu’une irrégularité dans la gestion des fonds a été constatée. Les 1 700 milliards constituent donc un stock de créances que l’État gabonais cherche à récupérer.

La Cour des comptes du Gabon a engagé une opération de recouvrement auprès des personnes et entités concernées. Selon la presse gabonaise, environ 600 débiteurs sont concernés par cette démarche. Parmi eux figurent des responsables publics, des comptables publics, des responsables d’entreprises et d’autres personnes ou entités faisant l’objet de décisions financières. La Cour a fixé une période allant du 7 septembre au 7 octobre 2026 pour permettre aux débiteurs concernés de régulariser leur situation. Pour les dossiers qui ne seraient pas réglés, des suites judiciaires peuvent être engagées selon les procédures applicables.

- Advertisement -

Par ailleurs, un document publié par la Cour des comptes gabonaise cite 61 noms de personnes physiques comme morales dans des décisions et avis couvrant notamment la période 1994-2022. Les dossiers comprennent différents types de décisions, notamment des débets, des amendes, des recours et des non-lieux.

La Cour des comptes gabonaise attend un nouveau président

C’est dans ce contexte tendu qu’un nouveau rebondissement est intervenu. Le 16 septembre dernier, le Conseil supérieur de la magistrature gabonaise a nommé Pamphile Moussavou Ibouanga premier président de la Cour des comptes, en remplacement d’Alex Euv Moutsiangou. Ce dernier a été réaffecté comme conseiller au Secrétariat permanent du Conseil supérieur de la dite magistrature.

- Advertisement -

Le changement est intervenu quelques jours après la médiatisation du plan de recouvrement des 1 700 milliards FCFA. Le calendrier a donc suscité des débats au Gabon autour de ce changement soudain. Si aucun élément ne permet à ce stade d’affirmer que le remplacement de Moutsiangou est une sanction liée à cette affaire, les motifs de sa nouvelle affectation n’ont toutefois pas été rendus publics par le gouvernement gabonais.

Quoi qu’il en soit, la fin du délai accordé aux débiteur pour régulariser leur situation reste inchangée. Le nouveau premier président de la Cour des comptes du Gabon devra ainsi poursuivre ou préciser les modalités du processus de recouvrement engagé par son prédécesseur.

Il est maintenant question de savoir quelle part de ces créances pourra effectivement être récupérée par l’État gabonais. Car les 1 700 milliards correspondent à des sommes dues à la suite de décisions accumulées sur plusieurs années, et non à de l’argent déjà récupéré par les caisses publiques gabonaise.

Rejoignez notre chaîne WhatsApp pour ne rien rater !

TAGGED:
Share This Article
Eyram Vanessa DEKADJE est étudiante en journalisme à l’ISICA (Université de Lomé), spécialisée dans le journalisme web et les médias numériques. Passionnée par l’actualité et le fact-checking, elle collabore à la production de contenus sur la technologie, l’action publique et le développement, avec une approche axée sur l’information numérique accessible.