Gabon : Oligui Nguema restreint les bourses d’étude vers la France

Didier ASSOGBA
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Didier ASSOGBA est journaliste multimédia, consultant médias, enseignant et politologue togolais. Actif depuis 2009, il dirige TogoBreakingNews.info depuis 2014. Diplômé de l’UCAO-Togo et formé à l’ESJ...
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Le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema veut restreindre les bourses d’étude vers les pays occidentaux, notamment la France. À l’occasion des célébrations du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Gabon le 17 août, il a prononcé un discours axé sur la formation de la jeunesse et l’indépendance intellectuelle du continent.

S’exprimant face à la nation pour faire le bilan et tracer les perspectives du pays, le chef de l’État a fermement dénoncé les risques d’une « indépendance de façade ». Au cœur de son propos : la dépendance académique envers l’Occident et la nécessité de revaloriser le système d’enseignement supérieur local et continental.

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Brice Clotaire Oligui Nguema a ainsi dévoilé une stratégie nationale visant à « consolider » les universités gabonaises tout en orientant les apprenants vers les centres d’excellence africains. L’objectif affiché est d’interdire que l’Afrique reste un « choix par défaut », pour en faire un « espace de savoirs, d’innovations et d’avenir » en mesure d’attirer et de retenir les talents.

Les bourses suspendues pour certains pays européens

Concrétisant cette orientation stratégique, le président gabonais a annoncé que l’administration n’accorderait plus de bourses financières aux étudiants souhaitant poursuivre leurs cursus dans certains pays européens. Bien que la France n’ait pas été explicitement nommée, la mesure vise en premier lieu l’ancienne puissance coloniale, qui concentre jusqu’ici la grande majorité des boursiers gabonais orientés vers l’Europe.

Pour justifier ce recadrage, le chef de l’État gabonais a pointé du doigt les destinations « où les frais d’études ont augmenté et les aides aux étudiants ont été coupées », plaidant pour des formations continentales davantage en adéquation avec les réalités et les besoins socio-économiques locaux.

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Un contexte d’accès aux études durci en France

Cette prise de position intervient dans un climat particulièrement tendu pour les étudiants internationaux dans l’Hexagone. Ce même 17 août, un rapport publié par l’Union nationale des étudiants de France (UNEF) révélait que les ressortissants étrangers sont désormais les premières victimes de la précarité étudiante, déplorant un « désinvestissement chronique de l’État dans l’enseignement supérieur ».

Le syndicat étudiant met notamment en cause la mesure adoptée le 19 mai dernier par le gouvernement français, laquelle restreint drastiquement les possibilités d’exonération des droits d’inscription différenciés appliqués aux étudiants non-européens. En fermant le robinet des bourses d’État vers ces destinations devenues plus couteuses et moins accueillantes, Libreville entend ainsi affirmer sa souveraineté tout en incitant sa jeunesse à bâtir son avenir sur le continent.

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Didier ASSOGBA est journaliste multimédia, consultant médias, enseignant et politologue togolais. Actif depuis 2009, il dirige TogoBreakingNews.info depuis 2014. Diplômé de l’UCAO-Togo et formé à l’ESJ Lille, il est spécialisé en analyse politique, gouvernance, communication digitale et médias numériques en Afrique de l’Ouest.