La 153e Assemblée de l’Union interparlementaire (UIP) a lieu du 5 au 9 octobre 2026 à Arusha, en Tanzanie. Le Togo devrait se rendre à ce rendez-vous stratégique de la diplomatie parlementaire. Au-delà de la modernisation des infrastructures, les parlementaires africains mettront l’accent sur la logique qui devient stratégique dans le développement des échanges régionaux.
Le Togo a récemment bénéficié d’un financement de 200 millions de dollars approuvé par la Banque mondiale pour son Programme d’amélioration des services logistiques et de transport. Le projet prévoit notamment la réhabilitation de la liaison ferroviaire entre le Port autonome de Lomé et la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), afin de permettre le transfert de conteneurs de la route vers le rail.
L’enjeu est aussi agricole. Le programme prévoit d’améliorer la desserte de plusieurs zones à fort potentiel de production vers les marchés locaux, régionaux et internationaux. Dans les régions de la Kara, des Savanes, des Plateaux et de la Plaine de Mô, la réhabilitation de routes de desserte doit notamment faciliter l’acheminement des produits et réduire les pertes post-récolte.
De Lomé à Arusha, le même enjeu de corridor
Cette orientation donne une dimension économique particulière à la rencontre d’Arusha. Officiellement consacrée à la gouvernance et à l’autonomisation des communautés, l’Assemblée réunira des parlementaires autour de questions liées notamment au développement, aux infrastructures et aux opportunités économiques.
Le cas tanzanien offre un autre exemple de cette transformation des ports en plateformes de transit à vocation régionale. Le port de Dar es Salaam dessert notamment la Zambie, la République démocratique du Congo, le Burundi, le Rwanda, le Malawi, l’Ouganda et le Zimbabwe.
Les données récentes illustrent cette dimension. Le trafic de marchandises en transit par Dar es Salaam a atteint 14,61 millions de tonnes au cours de l’exercice 2025-2026, contre 12,52 millions un an auparavant, soit une progression de 17 %. Les cargaisons à destination de la RDC ont représenté à elles seules 7,77 millions de tonnes.
La logistique, un enjeu régional
À Lomé comme à Dar es Salaam, la logique dépasse ainsi la seule performance d’un port national. Elle repose sur la capacité à connecter les infrastructures portuaires aux chemins de fer, aux routes, aux zones industrielles et aux bassins de production.
Pour le Togo, la modernisation de la liaison Lomé-Adétikopé et le désenclavement des zones agricoles s’inscrivent dans cette stratégie de transformation du corridor logistique. La Banque mondiale présente d’ailleurs le programme comme un moyen de consolider le positionnement du pays comme plateforme logistique régionale.
À Arusha, où les parlementaires doivent également débattre des moyens de renforcer la gouvernance et de créer davantage d’opportunités pour les populations, les infrastructures pourraient donc constituer l’un des points de jonction entre ambitions institutionnelles et réalités commerciales.
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