Dette, douanes, soja, ressources humaines, médias, sécurité… Les treize accords et mémorandums signés le 15 octobre à Pékin couvrent un éventail allant des finances au commerce, en passant par l’agriculture et la coopération audiovisuelle. Ces nouveaux instruments interviennent deux jours après l’élévation des relations entre Lomé et Pékin au rang de « Communauté d’avenir partagé Chine-Togo à l’ère nouvelle ». Que prévoient-ils concrètement ?
Le Togo et la Chine ont formalisé une nouvelle série d’engagements sectoriels. Le 15 octobre 2026 à Pékin, le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, et le Premier ministre chinois, Li Qiang, ont présidé la cérémonie de signature de treize accords et mémorandums d’entente.
Annulation partielle de la dette togolaise
Les documents portent sur plusieurs domaines de la coopération sino-togolaise. Certains concernent directement les échanges économiques et commerciaux, tandis que d’autres touchent à la formation, aux médias, à la coopération entre collectivités ou encore à la sécurité.
Sur le volet financier, les deux pays ont signé un protocole d’accord relatif à l’annulation partielle de la dette publique togolaise.
Le document prévoit donc une réduction d’une partie des engagements du Togo envers la Chine. Les informations communiquées à l’issue de la cérémonie ne précisent toutefois pas, dans le détail, le montant de la dette concernée ni les conditions précises de l’opération.
Dispositif douanier, industrie et chaînes d’approvisionnement
Un autre accord concerne le programme des Opérateurs économiques agréés (OEA). Il lie l’Office togolais des recettes (OTR) et l’Administration générale des douanes de Chine. Le dispositif vise à établir un cadre de coopération entre les deux administrations douanières et à faciliter les opérations des entreprises répondant aux critères du programme.
L’objectif est notamment de renforcer la confiance entre les autorités douanières et de fluidifier les procédures liées aux importations et aux exportations.
Les deux pays prévoient également de renforcer leur coopération dans les secteurs industriels et les chaînes d’approvisionnement. L’enjeu est notamment de développer les échanges et les collaborations autour des activités industrielles et de leur intégration dans les circuits commerciaux.
Commerce numérique et coopération économique
La coopération sino-togolaise porte aussi sur le commerce numérique ainsi que sur la coopération économique et commerciale internationale. Ces engagements s’inscrivent dans un contexte de développement des échanges numériques et de transformation des modes de commerce. Les documents signés prévoient un cadre de coopération plutôt qu’un calendrier détaillé de projets dans les informations rendues publiques.
Le développement vert figure également parmi les domaines de coopération sino-togolaise retenus. Le nouvel engagement ouvre un cadre pour des échanges autour de pratiques économiques et de projets intégrant davantage les enjeux environnementaux.
Exportation du soja togolais et formation
L’agriculture constitue l’un des volets les plus directement liés aux exportations togolaises. Un protocole d’accord sur les exigences phytosanitaires applicables au soja togolais destiné à la Chine a été signé.
Le document doit encadrer les conditions sanitaires et phytosanitaires auxquelles devront répondre les exportations de soja vers le marché chinois. Son intérêt réside donc moins dans une garantie automatique d’exportation que dans la définition des conditions permettant l’accès du produit à ce marché.
Un mémorandum d’entente porte sur le développement des ressources humaines. Le texte vise à renforcer la coopération en matière de formation, de partage de compétences et de développement du capital humain. Les modalités précises des programmes appelés à découler de cet accord n’ont pas été détaillées dans les informations communiquées.
Affaires étrangères et audiovisuel
Les deux parties ont également échangé des notes concernant le projet de construction du bâtiment du ministère togolais des Affaires étrangères. Il s’agit d’un volet distinct des accords portant sur les échanges commerciaux et la coopération économique.
Le secteur audiovisuel fait lui aussi partie des nouveaux instruments. Un mémorandum d’entente établit des relations de coopération entre China Media Group (CMG) et la Télévision togolaise (TVT). Il prévoit notamment le développement d’échanges professionnels et de collaborations entre les deux structures.
Un second mémorandum dans le domaine des médias associe la TVT à l’Administration nationale chinoise de la radio, du cinéma et de la télévision. L’accord doit permettre des échanges d’expériences et une coopération entre les institutions audiovisuelles des deux pays.
Ces deux instruments montrent que la coopération sino-togolaise ne se limite plus aux secteurs économiques et aux infrastructures, mais s’étend également aux médias publics.
Coopération décentralisée et Sécurité mondiale
La coopération décentralisée figure également parmi les engagements. Un mémorandum prévoit une coopération entre la province chinoise du Shaanxi et la région togolaise de la Kara.Ce type de partenariat permet aux autorités territoriales de développer directement des échanges dans différents domaines, en complément des relations établies entre les gouvernements centraux.
Un autre mémorandum concerne la coopération dans le cadre de l’Initiative pour la sécurité mondiale portée par la Chine. Les informations disponibles ne détaillent pas les mécanismes opérationnels qui découleront de cet engagement.
Des accords et mémorandums très attendus dans la réalité
Pris dans leur ensemble, les treize instruments couvrent donc des domaines très différents : allègement de dette, douanes, industrie, commerce numérique, développement vert, agriculture, formation, infrastructures administratives, médias, coopération territoriale et sécurité.
Ces signatures interviennent deux jours après la décision annoncée le 13 octobre d’élever les relations entre le Togo et la Chine au rang de « Communauté d’avenir partagé Chine-Togo à l’ère nouvelle ».
Les treize instruments constituent ainsi l’une des premières traductions concrètes de cette nouvelle séquence diplomatique. Reste désormais à mesurer leur mise en œuvre : montants effectivement concernés pour la dette, application du dispositif douanier, conditions d’accès du soja au marché chinois, programmes de formation, projets audiovisuels ou encore contenu opérationnel des coopérations en matière de sécurité.
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