À l’occasion du 16e anniversaire de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), Jean-Pierre Fabre a réaffirmé, samedi 10 octobre à Lomé, l’attachement de son parti à l’alternance démocratique. Dans une allocution largement consacrée à la situation institutionnelle du Togo, le président national de l’ANC a appelé les militants à renforcer la mobilisation en faveur du « rétablissement de l’ordre constitutionnel et démocratique ».
Seize (16) ans après la création de l’Alliance nationale pour le changement, Jean-Pierre Fabre entend maintenir le cap. Dans son allocution prononcée à Lomé à l’occasion du XVIe anniversaire du parti, le président national de l’ANC est revenu sur le parcours de la formation politique, ses périodes de mobilisation et les difficultés rencontrées depuis sa création.
L’ANC a été créée le 10 octobre 2010 à Lomé, lors d’une Assemblée générale constitutive qui avait adopté à l’unanimité cette dénomination. Selon Jean-Pierre Fabre, le parti entend depuis lors poursuivre « la lutte pour le changement démocratique » au Togo.
La ligne politique revendiquée par Jean-Pierre Fabre
Dans son intervention, Jean-Pierre Fabre a insisté sur la continuité de la ligne politique de l’ANC. Il estime que le parti n’a pas renoncé à son identité, à ses principes ni à son objectif d’alternance démocratique, malgré les tensions et les difficultés qui ont marqué son parcours.
Le président de l’ANC a également rendu hommage aux militants qui, selon lui, ont contribué à maintenir les structures du parti au cours des seize dernières années. Il a notamment souligné le rôle de la jeunesse et des femmes dans l’implantation de la formation politique.
L’anniversaire a aussi été l’occasion pour le responsable politique de revenir sur les militants et sympathisants disparus au cours des années. Il a salué leur contribution à l’histoire du parti et exprimé la compassion de l’ANC à leurs familles.
La réforme constitutionnelle de 2024 au cœur des critiques
Une large partie de l’allocution a ensuite porté sur la situation institutionnelle du pays. Jean-Pierre Fabre a estimé que les interrogations relatives à la nature des institutions, à l’alternance et à l’exercice de la souveraineté populaire demeurent au centre du débat politique togolais.
Le président de l’ANC a particulièrement critiqué la réforme constitutionnelle de 2024, qui a instauré un régime parlementaire et créé la fonction de Président du Conseil, exercée par Faure Gnassingbé. Il a rappelé que son parti s’était opposé à cette réforme.
Dans son discours, Jean-Pierre Fabre a également fait référence à une décision de la Cour de justice de la CEDEAO rendue publique en juin 2026. Il affirme que celle-ci a considéré que le changement constitutionnel intervenu au Togo en 2024 violait certains principes démocratiques de la Communauté et constituait un « changement anticonstitutionnel de gouvernement ». Ces éléments sont présentés dans l’allocution comme l’un des fondements de la contestation portée par l’ANC.
L’ANC appelle à renforcer la mobilisation
Le ton s’est ensuite durci à l’égard du pouvoir en place. Jean-Pierre Fabre a mis directement en cause la gouvernance de Faure Gnassingbé et appelé les militants de l’ANC à prendre part à une mobilisation nationale. Il leur demande d’agir dans leurs fédérations, sections et sous-sections, mais également dans les communes, villages et quartiers, avec pour objectif de porter l’exigence du « rétablissement de l’ordre constitutionnel et démocratique ».
L’ANC entend par ailleurs inscrire cette mobilisation dans le cadre du Cadre National de Concertation pour le Changement (CNCC), auquel Jean-Pierre Fabre annonce que son parti continuera de prendre part.
Au-delà de la contestation institutionnelle, le président de l’ANC a esquissé plusieurs priorités pour les prochaines années. Il appelle notamment à renforcer l’implantation nationale et internationale du parti, à consolider les structures de base et à accroître l’adhésion des jeunes et des femmes.
Le renouvellement de l’encadrement du parti en faveur de ces deux catégories figure également parmi les orientations annoncées. Jean-Pierre Fabre souhaite, par ailleurs, rétablir des relations structurées avec la diaspora afin de mobiliser son expertise et ses capacités d’appui.
La formation politique entend également préparer les nouvelles générations à la défense de la démocratie, de l’État de droit et de la bonne gouvernance. Jean-Pierre Fabre a appelé la jeunesse togolaise à s’informer, à participer à la vie publique et à défendre ses convictions par des moyens pacifiques et démocratiques.
Le coût de la vie et les préoccupations sociales mises en avant
Dans la dernière partie de son allocution, le président de l’ANC a élargi son propos aux préoccupations quotidiennes des populations. Il cite notamment le coût de la vie, l’emploi, l’éducation, la santé, la justice, la sécurité et les libertés publiques.
L’impunité, l’arbitraire, la corruption ainsi que la situation des prisonniers politiques et des exilés figurent également parmi les sujets que l’ANC entend continuer à suivre, selon son président.
Pour Jean-Pierre Fabre, les seize années écoulées constituent ainsi à la fois un bilan et un point de départ. L’ANC veut poursuivre son implantation, renforcer ses structures et maintenir son combat politique autour de la démocratie et de l’alternance. « La politique n’a de sens que lorsqu’elle améliore concrètement la vie des citoyens », a-t-il notamment déclaré dans son allocution, avant de conclure que « l’histoire continue » et « la lutte aussi ».
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