La Banque mondiale fait une revue de mi-parcours du projet d’amélioration de la sécurité hydrique en milieu urbain au Togo (PASH-MUT). Dans un courrier qu’elle vient d’adresser aux autorités nationales, l’institution financière dresse un bilan détaillé de l’exécution dudit projet en milieu urbain togolais. Le document met en évidence plusieurs dysfonctionnements majeurs dans sa mise en œuvre institutionnelle et technique.
Le PASH-MUT, lancé avec l’appui de la Banque mondiale en 2023, s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer la sécurité hydrique dans les principales zones urbaines du Togo. Il a pour ambition d’améliorer l’accès à l’eau potable, de moderniser les infrastructures de distribution et de renforcer la résilience des systèmes d’approvisionnement face à la croissance démographique.
Dans les grandes agglomérations, notamment à Lomé et dans ses périphéries, le projet prévoit la réhabilitation de réseaux vétustes, l’extension des capacités de distribution et la réduction des pertes d’eau. Il inclut également des composantes institutionnelles destinées à améliorer la gouvernance du secteur de l’eau.
Le 26 juin dernier, la Banque mondiale a envoyé un courrier à Sandra Ablamba Johnson, ministre, secrétaire générale de la présidence du conseil, gouverneure de la Banque mondiale au Togo et à Séna Alipui, ministre délégué auprès de l’aménagement du territoire. La lettre a d’une part, rappelé l’importance stratégique du PASH-MUT dans les politiques publiques nationales et les engagements pris avec les partenaires techniques et financiers et d’autre part fait le bien de mi-parcours du projet.
Des défaillances dans la mise en oeuvre du PASH-MUT
La lettre indique que le PASH-MUT demeure une intervention structurante pour l’amélioration durable des services d’eau potable en milieu urbain. Dans le même temps, elle met en lumière plusieurs insuffisances dans sa mise en œuvre. Les évaluations techniques évoquent des faiblesses dans la coordination institutionnelle, la gestion des procédures de passation de marchés et le suivi des activités sur le terrain.
Le document souligne notamment des retards dans l’exécution de certaines composantes clés, ainsi que des difficultés dans l’application des règles de gestion fiduciaire. Ces éléments sont considérés comme ayant un impact direct sur la performance globale du projet.
Le courrier indique notamment qu’il existe des faiblesses persistantes dans les dispositifs de passation des marchés et de contrôle interne, affectant l’efficacité globale de l’exécution. A cela s’ ajoutent des retards significatifs dans la mise en œuvre des infrastructures prévues dans les délais contractuels.
« Bien que la stratégie des objectifs poursuivis dans le secteur demeure pertinente, les difficultés persistantes de mise en œuvre ne permettent plus d’envisager une relance du projet dans sa configuration actuelle », martèle le courrier.
Le courrier informe également qu’à la suite de la revue à mi-parcours un échange de haut niveau entre Faure Gnassingbé, président du Conseil, et Ousmane Diagana, vice-président du groupe de la Banque mondiale pour la région Afrique de l’Ouest et du Centre, a eu lieu lors du séminaire gouvernemental qui s’est tenu le 12 juin 2026.
« La correspondance du vice-président régional datée du 12 juin du 22 juin 2026 résume les principales décisions convenues à l’occasion de ce séminaire, fait état de la décision conjointe de la partie nationale togolaise et du groupe de la Banque mondiale de procéder à l’annulation du projet », résume la lettre.
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