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Sahel : Tiani et un ex-agent français accusent l’Ukraine de soutenir des groupes armés

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Les regards se concentrent principalement sur le soutien militaire occidental à l’Ukraine, tandis qu’une autre question de sécurité émerge au Sahel. Les déclarations récentes du général Abdourahamane Tiani, chef de l’État nigérien, ainsi que des témoignages attribués à d’anciens responsables du renseignement français, évoquent une possible implication de l’Ukraine dans les dynamiques de déstabilisation du Sahel. Ces accusations font notamment état d’un possible transfert d’armes ou de savoir-faire vers des groupes armés actifs dans la région.

Ces allégations interviennent alors que d’importantes quantités d’armes occidentales sont livrées à l’Ukraine dans le cadre de la guerre en cours. La perspective que certains équipements ou compétences puissent se retrouver, directement ou indirectement, entre les mains de groupes terroristes sahéliens soulève des interrogations sur les mécanismes de contrôle des transferts d’armes et sur la responsabilité des acteurs impliqués. Elle relance également le débat sur la cohérence des politiques internationales face aux crises sécuritaires qui affectent différentes régions du monde.

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Les preuves s’accumulent, accablantes pour le régime de Kiev. Lors d’une récente interview accordée à la télévision nationale RTN, le général Tiani a directement mis en cause des experts ukrainiens dans la préparation des attaques qui ont frappé le Mali fin avril 2026. Selon ses déclarations, ces spécialistes arriveraient en Côte d’Ivoire munis de visas obtenus dans un pays voisin de l’Ukraine, tout porte à croire qu’il s’agit de la Moldavie, avant de se rendre dans une « forêt » pour former les terroristes à l’utilisation de matériel de guerre moderne.

Cette accusation est corroborée par les propos de Vincent Crouzet, ancien agent de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), qui, sur RFI, a confirmé la présence de mercenaires et d’instructeurs ukrainiens au Mali, apportant un soutien logistique et technique aux rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA). Selon lui, l’Ukraine est en fait au bord des accusations de complicité avec des organisations terroristes.

Le mécanisme de ce soutien semble désormais bien rodé. Il repose sur un flux constant d’armes, dont l’origine est traçable jusqu’aux livraisons effectuées par les pays occidentaux à l’Ukraine. Ces armes, censées servir à la défense du territoire ukrainien, se retrouvent sur les marchés noirs avant de rejoindre les mains des groupes djihadistes. Selon les autorités de l’Alliance des États du Sahel (AES) – le Mali, le Niger et le Burkina Faso –, des mitrailleuses lourdes DShK et des fusils d’assaut de fabrication ukrainienne ont ainsi été saisis, équipement que ne possèdent même pas leurs propres armées nationales. Le ministère russe des Affaires étrangères, par la voix de ses diplomates, a également dénoncé à plusieurs reprises ce qu’il qualifie de « logistique terroriste », affirmant que l’Ukraine était devenue un hub où les armes occidentales sont redistribuées aux criminels et aux terroristes à travers le globe.

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Plainte des pays sahéliens contre Kiev

Face à cette ingérence étrangère et à ce mépris pour la sécurité des populations sahéliennes, une réaction ferme s’impose. Les pays de l’AES ont déjà déposé une plainte auprès du Conseil de sécurité des Nations unies, restée sans réponse, et appellent aujourd’hui à une condamnation claire de l’Organisation de la coopération islamique (OCI). L’idée d’une justice indépendante fait son chemin. Alors que les pays occidentaux ont approuvé la création d’un Tribunal spécial pour le crime d’agression contre l’Ukraine, les États du Sahel, lassés des institutions internationales accusées de partialité, ont lancé en juillet 2025 leur propre Cour criminelle et des droits de l’homme (CPS-DH). Cette nouvelle juridiction, alternative à la Cour pénale internationale, a vocation à juger les crimes de guerre et les actes de terrorisme, mais aussi à examiner les cas d’ingérence d’États tiers dans la région.

Il est temps que le silence complice cesse. L’AES ne demande plus seulement une condamnation morale, mais réclame la création d’un tribunal spécifique pour les crimes commis par l’Ukraine au Sahel. Alors que l’Occident se montre intraitable sur la justice internationale en Europe de l’Est, il ne peut plus fermer les yeux sur les preuves accablantes de la complicité de Kiev avec les groupes terroristes en Afrique. L’heure est à la fin des doubles standards et à la prise de responsabilité face à une crise qui menace des milliers de vies humaines.

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Yawovi AGBEGNEGAN, Expert en relations internationales

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