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Romuald Wadagni : ‘Une responsabilité devant le peuple et devant l’histoire

Didier ASSOGBA
6 Min Read

Au cours de sa prestation de serment le dimanche 24 mai 2026, le nouveau président du Bénin, Romuald Wadagni, a dévoilé sa feuille de route pour les sept années à venir. Dans un discours d’investiture mûrement pesé, l’ancien grand argentier de la « Rupture » a tracé les contours d’un septennat de consolidation, promettant de faire descendre les fruits de la croissance macroéconomique dans le panier de la ménagère, tout en affichant une intransigeance absolue face au péril terroriste.

C’est une transition feutrée, presque inédite dans la région, qui s’est opérée à Porto-Novo. Devant le parterre des chefs d’institutions et de délégations étrangères, Romuald Wadagni a formellement revêtu les habits de chef de l’État. Succéder à Patrice Talon, l’homme qui a profondément restructuré le Bénin pendant dix ans, n’est pas une mince affaire. Conscient de la gravité du moment, le nouveau président a livré une allocution d’une grande densité politique, mêlant l’hommage appuyé à ses prédécesseurs et l’affirmation d’un leadership personnel axé sur l’équité sociale.

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Romuald Wadagni a ouvert son allocution en saluant la mémoire institutionnelle du pays. En citant nommément les anciens présidents Nicéphore Soglo, Mathieu Kérékou et Boni Yayi, l’impétrant s’est positionné en gardien d’une « tradition de paix » propre au Renouveau démocratique béninois né en 1990.

Mais c’est envers Patrice Talon que l’hommage a été le plus vibrant. En saluant « le courage des décisions difficiles » de son prédécesseur, Romuald Wadagni valide la décennie de réformes structurelles rigoureuses qui ont permis au Bénin de retrouver « la confiance en lui-même ». Pour le nouveau chef de l’État, cette phase d’assainissement était indispensable, prouvant au monde que « la rigueur pouvait coexister avec la justice sociale ».

Le tournant social promis par Romuald Wadagni

Le cœur du message de Romuald Wadagni réside dans un pivot stratégique majeur qui est la redistribution. Si le Bénin affiche une santé économique robuste avec notamment une croissance de 6,7 % en 2024, le nouveau président reconnaît sans détour l’impatience légitime des populations.

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« Une croissance nationale n’a de sens que lorsqu’elle devient visible dans la vie ordinaire des populations, lorsqu’un jeune trouve une opportunité dans son milieu de vie habituel », a-t-il martelé.

Pour donner corps à cette ambition, le président Wadagni a décliné des engagements sectoriels très précis, dessinant les contours d’un véritable pacte de prospérité partagée. Ainsi pour la jeunesse, il annonce la Création d’opportunités économiques locales pour freiner l’exode et le sentiment de fatalité.

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Dans la même veine, il promet aux femmes le Renforcement de l’accès au financement, à la propriété, à la protection sociale et aux postes de responsabilité. Quant aux agriculteurs, Romuald Wadagni promet un accès accru à la mécanisation et aux semences. Sans oublier la création inédite d’une protection sociale agricole.

On retient également la Sanctuarisation du Bénin comme la « maison du retour » pour les fils et filles de la traite transatlantique. Une manière d’attirer la diaspora et les afro-descendants.

Sécurité et souveraineté

L’autre grand défi de ce septennat sera incontestablement sécuritaire. Face à la poussée des groupes armés terroristes venus du Sahel qui menacent la frontière nord du pays, Romuald Wadagni a tenu à rassurer ses concitoyens et les partenaires internationaux. Pour lui, l’État béninois ne reculera pas.

Sa stratégie repose sur une double approche. D’une part, une fermeté militaire accrue avec la poursuite des investissements dans les forces de défense et de sécurité. D’autre part, une réponse socio-économique en amont, car pour le nouveau président, la sécurité se construit aussi en apportant l’eau potable, l’électricité et les services de base dans les zones transfrontalières les plus vulnérables. « Notre sécurité, c’est notre unité ; notre unité, c’est notre force », a-t-il résumé.

Sur le plan diplomatique, Romuald Wadagni a tendu la main aux pays voisins de la sous-région, estimant que face au fléau du terrorisme, les États africains sont « condamnés à travailler ensemble ». Il a réaffirmé la volonté du Bénin de bâtir une « Afrique puissante » capable de faire ses propres choix stratégiques, dans le cadre de partenariats internationaux fondés sur le respect mutuel et l’intérêt partagé.

En clôturant son discours, le successeur de Patrice Talon a posé les bases éthiques de sa gouvernance, envoyant un signal clair de responsabilité et d’humilité face aux attentes immenses du peuple béninois.

« Je servirai le Bénin avec intégrité, avec courage et avec constance. Avec la conscience permanente que le pouvoir n’est jamais un privilège personnel. Le pouvoir est une responsabilité devant le peuple et devant l’histoire. »

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