La demande de liberté sous caution de Kemi Seba a été rejetée vendredi 22 mai 2026 par le tribunal de Pretoria. En revanche, le tribunal a reconnu formellement le mandat d’arrêt international émis par Cotonou via Interpol. La justice sud-africaine ouvre ainsi la voie à une procédure d’extradition explosive.
Le tribunal de Pretoria a douché les espoirs de liberté de Stellio Gilles Robert Capo Chichi, alias Kemi Seba. Non seulement le leader d’Urgences Panafricanistes s’est vu refuser sa mise en liberté sous caution, mais les juges sud-africains ont formellement validé le mandat d’arrêt international émis contre lui par le Bénin.
Désireux de transformer l’audience en tribune politique, le militant s’est heurté à la stricte neutralité de la cour. Le tribunal a refusé de lui accorder le droit de s’exprimer, maintenant les débats dans un cadre exclusivement juridique. Kemi Seba poursuivra donc son séjour carcéral en Afrique du Sud.
Séjour irrégulier et sortie clandestine
Avant que la question de son extradition vers son pays d’origine ne soit débattue sur le fond, Kémi Séba devra d’abord répondre des conditions de sa présence et de ses mouvements sur le sol sud-africain.
Le 8 juin 2026, le leader panafricaniste est attendu à la barre aux côtés de deux coprévenus : son fils ainsi que l’activiste sud-africain François van der Merwe. Tous trois sont poursuivis dans le cadre d’une procédure distincte pour séjour irrégulier sur le territoire de la république sud-africaine et tentative de sortie clandestine du pays.
Ce dossier d’infraction aux lois sur l’immigration fait figure de prélude avant le véritable bras de fer juridique qui se profile à l’horizon.
La CRIET en embuscade dans le dossier Kémi Séba
C’est bien depuis Cotonou que vient la menace la plus lourde pour l’avenir du militant. En activant le volet de l’extradition, les autorités béninoises entendent faire rendre des comptes à celui qu’elles considèrent comme une menace pour la stabilité nationale. Le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a ainsi basé sa requête sur deux mandats d’arrêt internationaux distincts.
Le 13 juin 2025, un premier mandat d’arrêt émis pour des faits présumés de blanchiment de capitaux. Puis le 12 décembre 2025, un second mandat pour apologie de crime et incitation à la haine et à la violence, lancé dans le sillage de la tentative de coup d’État manquée du 7 décembre 2025 au Bénin.
Pour la justice béninoise, les discours de l’activiste et ses réseaux d’influence se sont inscrits dans une dynamique de déstabilisation des institutions de la République.
Après l’audience correctionnelle sur l’immigration en juin, la première grande confrontation consacrée à la procédure d’extradition se tiendra le 14 juillet 2026. D’ici là, loin des caméras et des réseaux sociaux, Kemi Seba devra patienter derrière les barreaux.
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