En conclave à Djamdè (près de Kara), l’exécutif togolais a jeté les bases d’un plan à long terme. Ce qui s’apparente à une vision 2040 de Faure Gnassingbé ambitionne de doubler le niveau de vie des togolais et faire descendre le taux de pauvreté sous le seuil de 15%. Cette feuille de route ambitieuse se veut un mélange entre pragmatisme économique, réformes de structures et inspiration du modèle des dragons asiatiques.
C’est un tournant de méthode que l’exécutif tente d’imprimer à la politique de développement du pays. Loin des rumeurs de la capitale, Faure Gnassingbé Président du Conseil a présidé jeudi 11 juin 2026 à Djamdè, dans la préfecture de la Kozah, un séminaire gouvernemental entièrement consacré à la transformation économique et sociale du Togo.
Quelques semaines seulement après une première session de cadrage organisée à Lomé, ce second round de réflexion stratégique vise un double objectif. Il est question de finaliser la feuille de route gouvernementale Togo 2026-2031 tout en ouvrant une perspective beaucoup plus lointaine, baptisée « Vision 2040 ».
Les chiffres d’une ambition volontariste
Le thème choisi pour ce séminaire de deux jours annonce clairement la couleur : « Leviers stratégiques pour l’accélération du développement du Togo : vers un doublement du niveau de vie moyen et une réduction de l’incidence de la pauvreté à moins de 15 % à l’horizon 2040 ».
Pour l’exécutif, il ne s’agit plus simplement de gérer la croissance à court terme, mais de provoquer un choc structurel capable de propulser le pays vers l’émergence.
Les deux grands indicateurs de la Vision 2040 de Faure Gnassingbé
On note que l’objectif cardinal est d’aboutir au doublement net du niveau de vie moyen pour l’ensemble des citoyens d’ici quinze ans. Le gouvernement cible une trajectoire de réduction agressive du taux de pauvreté afin de faire tomber l’incidence de la pauvreté sous la barre des 15 %.
« L’objectif de doubler le niveau de vie moyen à l’horizon 2040 et de réduire fortement la pauvreté est une ambition élevée », a d’ailleurs reconnu le Président du Conseil lors de son allocution d’ouverture.
L’inspiration internationale passée au crible
Pour donner du crédit à cette trajectoire, les membres du gouvernement et les experts réunis autour de Faure Gnassingbé se sont appuyés sur des diagnostics rigoureux établis en collaboration avec la Banque mondiale. L’originalité de la démarche repose également sur un exercice de benchmarking international approfondi.
Le Togo a choisi d’analyser les trajectoires de plusieurs nations d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique ayant réussi leur décollage économique au cours des dernières décennies. L’analyse des expériences a porté sur des pays comme le Vietnam, le Cambodge, l’Indonésie, l’Île Maurice, le Brésil et la Corée du Sud. Toutefois, le chef du gouvernement a tenu à mettre en garde ses ministres contre la tentation du copier-coller idéologique.
« Nos ambitions nationales ne deviendront réalité que lorsqu’elles se traduiront en programmes, en financements, en responsabilités claires et surtout en résultats visibles pour les citoyens. Aucun pays ne ressemble parfaitement à un autre. Les conditions historiques, géographiques, démographiques, institutionnelles et financières du développement ne sont jamais identiques. Une ambition élevée ne suffit pas. Elle doit être confrontée aux conditions réelles de mise en œuvre. Les exemples internationaux qui nous seront présentés nous seront utiles, mais devront être analysés avec discernement », a indiqué Faure Gnassingbé.
Casser les silos pour libérer la croissance
Le cœur de la stratégie défendue à Djamdè repose sur une approche dite « intégrée » de l’économie, rompant avec la gestion cloisonnée des ministères. Selon la vision 2040 de Faure Gnassingbé, aucun levier de développement ne peut fonctionner de manière isolée. Pour illustrer cette interdépendance, le président du conseil a pris deux exemples sectoriels majeurs.
D’abord, l’équation agricole. Pour le Président du Conseil, une modernisation agricole réussie ne se résume pas à l’achat de semences. Elle suppose l’existence simultanée de pistes rurales (routes), d’un accès stable à l’énergie, d’infrastructures de stockage et de transformation locale, d’un cadre foncier sécurisé, de financements adaptés et de compétences techniques de pointe.
Ensuite, l’attractivité privée. De la même manière, capter l’investissement privé exige un écosystème global. Cela comprend un environnement juridique prévisible, un réseau de PME locales capables de s’intégrer aux chaînes de valeur et, enfin, un État efficace.
En insistant sur le rôle central de l’État comme chef d’orchestre de cette transformation, Faure Gnassingbé a exigé de ses équipes une planification plus stricte, une coordination renforcée des actions publiques, une mobilisation accrue des ressources nationales et internationales, et surtout un suivi inflexible des résultats sur le terrain.
Cette vision 2040 de Faure Gnassingbé s’articule autour du triptyque politique « Rassembler, Protéger et Transformer » qui structure désormais l’action publique togolaise. Le séminaire de la Kozah pose ainsi les bases méthodologiques d’une croissance que Lomé souhaite plus inclusive, plus résiliente et directement perceptible dans le quotidien des Togolais à l’horizon 2040.
Cliquez-ici pour nous rejoindre sur notre chaîne WhatsApp






