Togo : la SONAFIR à la place de la SAFER devenue inefficace

Didier ASSOGBA
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Didier ASSOGBA est journaliste multimédia, consultant médias, enseignant et politologue togolais. Actif depuis 2009, il dirige TogoBreakingNews.info depuis 2014. Diplômé de l’UCAO-Togo et formé à l’ESJ...
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Le 26 juin 2026, le gouvernement togolais a créé la Société nationale de financement routier (SONAFIR). La décision s’inscrit dans le cadre de la réforme de la gouvernance du secteur routier. La nouvelle entité remplace la Société autonome de financement de l’entretien routier (SAFER), créée en 2012 et dont les insuffisances sont reconnues par l’exécutif.

Au-delà d’un simple changement de dénomination, cette réforme marque une évolution profonde de l’organisation du financement des infrastructures routières. L’objectif affiché est de doter le pays d’un instrument plus performant, capable de répondre aux besoins croissants d’investissement dans un contexte où le développement du réseau routier constitue un facteur clé de compétitivité économique et d’aménagement du territoire.

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La SONAFIR pour combler les limites de la SAFER

Pendant plus d’une décennie, la SAFER avait pour mission principale de mobiliser les ressources destinées à l’entretien du patrimoine routier national. Mais les évaluations menées par les autorités ont mis en évidence plusieurs insuffisances qui limitaient son efficacité face à l’évolution des besoins du secteur.

Selon le gouvernement, ces contraintes ont progressivement réduit la capacité de la société à assurer un financement suffisant des infrastructures routières, alors même que les exigences en matière de construction, de réhabilitation et d’entretien des routes se sont considérablement accrues.

La création de la SONAFIR répond ainsi à la volonté de franchir un nouveau cap en matière de financement des investissements routiers.

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Des prérogatives élargies pour la SONAFIR

La principale innovation de la réforme réside dans l’élargissement des missions confiées à la nouvelle société.

Contrairement à la SAFER, dont l’action reposait essentiellement sur les mécanismes traditionnels de financement de l’entretien routier, la SONAFIR disposera d’une palette d’outils plus large pour mobiliser les ressources nécessaires au développement des infrastructures. Le gouvernement prévoit notamment de diversifier les instruments de financement afin de ne plus dépendre d’un nombre limité de sources de revenus.

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La nouvelle société aura également pour mission de développer des partenariats stratégiques susceptibles d’accroître les capacités d’investissement dans le secteur routier. Cette diversification des leviers financiers devrait permettre de sécuriser davantage les ressources, d’accompagner des projets d’une plus grande envergure et de mieux anticiper les besoins futurs du réseau national.

Séparation claire entre financement et réalisation des projets

L’autre changement majeur introduit par la réforme concerne l’organisation institutionnelle du secteur. Le gouvernement met désormais en place une distinction nette entre les fonctions de financement et celles de conduite des projets.

La SONAFIR sera exclusivement chargée de mobiliser et de gérer les ressources financières destinées aux infrastructures routières.

En parallèle, l’Agence des travaux et de gestion des routes du Togo (AGEROUTE TOGO), créée lors du même Conseil des ministres, assurera la maîtrise d’ouvrage déléguée des projets routiers, depuis leur préparation jusqu’au suivi de leur exécution.

Cette répartition des responsabilités répond à un objectif de spécialisation des acteurs publics. En confiant à chaque structure une mission clairement définie, l’exécutif entend améliorer la gouvernance du secteur, renforcer la transparence dans l’utilisation des ressources et accroître l’efficacité de la mise en œuvre des projets.

Avec la création simultanée de la SONAFIR et de l’AGEROUTE TOGO, le gouvernement redessine l’organisation du secteur routier autour de deux piliers complémentaires : l’un dédié au financement, l’autre à la conduite opérationnelle des projets.

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Didier ASSOGBA est journaliste multimédia, consultant médias, enseignant et politologue togolais. Actif depuis 2009, il dirige TogoBreakingNews.info depuis 2014. Diplômé de l’UCAO-Togo et formé à l’ESJ Lille, il est spécialisé en analyse politique, gouvernance, communication digitale et médias numériques en Afrique de l’Ouest.