Togo – Union européenne : les exigences démocratiques et les droits humains au cœur du dialogue bilatéral

Didier ASSOGBA
By
Didier ASSOGBA
Didier ASSOGBA est journaliste multimédia, consultant médias, enseignant et politologue togolais. Actif depuis 2009, il dirige TogoBreakingNews.info depuis 2014. Diplômé de l’UCAO-Togo et formé à l’ESJ...
5 Min Read

Mardi 9 juin 2026, la 4e session du dialogue de partenariat entre le Togo et l’Union européenne (UE) s’est tenue à Lomé. Les deux parties ont évoqué les réformes politiques au Togo, mettant l’accent sur la nécessité d’inclusion des forces vives. Elles ont également abordé la situation sécuritaire sous-régionale et le déploiement des investissements du programme « Global Gateway ».

Si les enjeux économiques et sécuritaires dictent souvent l’urgence de l’agenda international, la gouvernance démocratique s’est imposée comme le véritable pivot des discussions politiques entre Lomé et Bruxelles. Réunies mardi 9 juin 2026 à Lomé, les délégations togolaise et européenne, menées respectivement par le professeur Robert Dussey et l’ambassadeur de l’UE Gwilym Ceri Jones, ont passé au crible les chantiers politiques du pays, conformément aux exigences de l’accord de partenariat OEACP-UE.

- Advertisement -

L’Examen périodique universel (EPU) comme feuille de route

Le cœur politique de cette session du dialogue de partenariat a été matérialisé par le chapitre dédié au « Partenariat pour la démocratie et la bonne gouvernance ». Devant les représentants européens, la partie togolaise a exposé les progrès réalisés dans la mise en œuvre et le suivi des recommandations issues de l’Examen périodique universel (EPU), le mécanisme de l’ONU chargé d’évaluer la situation des droits de l’homme dans chaque État membre.

Ces discussions entre le Togo et l’Union Européenne directes ont permis de baliser les priorités institutionnelles communes pour les mois à venir. Ainsi, en matière des droits fondamentaux, il ressort une réaffirmation d’un attachement mutuel strict à la promotion et à la protection des droits humains.

Les deux partenaires ont également mené une évaluation des avancées et des défis structurels liés à la décentralisation et à l’efficacité de la gouvernance locale. Enfin, il a été souligné une nécessaire consolidation de l’État de droit à travers des mécanismes de dialogue inclusifs impliquant activement les institutions démocratiques.

- Advertisement -

« Les deux parties ont réaffirmé leur attachement au respect des droits fondamentaux, à l’État de droit, à la bonne gouvernance et au renforcement des institutions démocratiques, tout en soulignant l’importance du dialogue inclusif et de l’implication des acteurs de la société civile », renseigne une note de l’Union Européenne.

L’impératif de la participation citoyenne et de la société civile

Au-delà des cadres purement étatiques, le dialogue entre le Togo et l’Union Européenne a mis en exergue une recommandation majeure. Il s’agit de l’intégration systématique des forces vives de la nation dans les processus de décision. Les deux délégations ont formellement souligné l’importance stratégique de la participation citoyenne et de l’implication des acteurs de la société civile pour garantir la pérennité des réformes engagées.

- Advertisement -

« C’est en partenaires conscients et responsables que nous devons aborder ce dialogue, guidés par notre attachement commun aux valeurs de paix, de démocratie et de prospérité partagée », a rappelé à ce titre le Prof. Robert Dussey.

Sécurité et économie : appui de l’Union Européenne

Ces recommandations en matière de démocratie s’inscrivent dans un contexte global où la stabilité institutionnelle reste le prérequis indispensable au déploiement des autres volets du partenariat.

Sur le plan sécuritaire, l’Union Européenne a réitéré son appui technique et capacitaire au Togo face à l’extrémisme violent dans la sous-région. Cet appui se matérialisera par un financement et un apport logistique aux mécanismes régionaux de prévention des conflits, un renforcement des capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité, et le soutien technique aux initiatives de lutte contre le terrorisme.

Sur le volet économique, les discussions ont convergé vers le programme Global Gateway. Ce plan d’investissement européen vise à financer des infrastructures clés (énergie, connectivité, agriculture durable) tout en s’appuyant sur les réformes togolaises destinées à assainir le climat des affaires.

« Dans un contexte international si difficile, l’UE restera un partenaire solide dans la durée, engagée aux côtés du Togo. L’UE demeure le premier partenaire commercial de l’Afrique, son premier investisseur de loin, son premier fournisseur d’aide publique au développement (APD) et son premier donateur humanitaire. Notre programme phare, le Global Gateway, s’accélère ici au Togo, par une approche collective de l’Equipe Europe – pour répondre au défi du trop peu d’investissement dans les infrastructures clés du continent », a conclu l’Ambassadeur de l’UE, Gwilym Ceri JONES.

Cliquez-ici pour nous rejoindre sur notre chaîne WhatsApp

Share This Article
Follow:
Didier ASSOGBA est journaliste multimédia, consultant médias, enseignant et politologue togolais. Actif depuis 2009, il dirige TogoBreakingNews.info depuis 2014. Diplômé de l’UCAO-Togo et formé à l’ESJ Lille, il est spécialisé en analyse politique, gouvernance, communication digitale et médias numériques en Afrique de l’Ouest.