Togo : Par qui et pourquoi Me Jean Yaovi Degli est-il menacé ?

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Me Jean Yaovi Degli

L’affaire, digne d’un thriller technologique, secoue les milieux politiques et judiciaires togolais. Me Jean Yaovi Degli, ancien ministre et président du mouvement Bâtir le Togo, affirme avoir été la cible d’une tentative d’empoisonnement sophistiquée à son domicile. Plus de sept mois après les faits, l’avocat dénonce l’inertie de l’appareil judiciaire et ce qu’il considère comme un déni de justice, alors même qu’il affirme avoir fourni des pistes précises aux enquêteurs.

Les faits se seraient déroulés le 8 novembre 2025 dans le quartier Kligué Kondji, à Kpalimé. Selon le récit détaillé de Me Jean Yaovi Degli, sa propriété privée a fait l’objet d’un survol par un engin télécommandé d’environ un mètre d’envergure. L’appareil transportait des sachets contenant une poudre blanche, présentée par la victime comme un puissant poison.

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Le drone se serait positionné au-dessus de palmiers surplombant des bacs à poissons, avant de déverser sa cargaison sur les installations aquacoles et la végétation environnante. Les conséquences matérielles directes avancées sont lourdes : plus de 1 300 poissons auraient péri immédiatement, et plusieurs autres animaux de la propriété auraient été affectés les jours suivants.

Des représailles locales contre Jean Yaovi Degli ?

Dans un communiqué officiel publié lundi, l’ancien ministre précise : « Un drone qui était préalablement venu faire du repérage la veille vers 20 heures s’est présenté dans ma résidence. Les bras de ce drone étaient porteurs de sachets plastiques contenant du poison sous forme de poudre blanche. »

Alerte donnée par son gardien, Me Degli indique avoir immédiatement saisi le parquet de Kpalimé, entraînant le déplacement de la police judiciaire et des forces de l’ordre pour les premières constatations d’usage.

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Au cœur de l’affaire se trouve la question des commanditaires et de leurs motivations. Me Jean Yaovi Degli affirme ne pas être dans le flou. À l’en croire, cette opération punitive est directement liée à ses engagements civiques et à ses récentes prises de parole publiques.

L’avocat assure avoir transmis des noms précis aux enquêteurs dès les premiers jours, s’appuyant sur des avertissements détaillés qu’il aurait reçus peu avant l’incident concernant la préparation d’actes malveillants à son encontre.

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L’ombre d’un blocage judiciaire

Au-delà de la gravité de l’agression présumée, c’est l’enlisement de la procédure qui pousse aujourd’hui Me Degli à prendre la parole. Plus de sept mois après le dépôt de ses deux plaintes assorties de multiples pièces (poissons morts, sachets retrouvés, échantillons de végétaux, vidéos et photographies), l’ancien ministre constate que l’instruction est au point mort.

Selon ses déclarations, aucune analyse toxicologique de la substance ou des animaux morts n’a été effectuée à ce jour. Plus inquiétant encore, il soutient avoir été informé de la disparition pure et simple de plusieurs échantillons prélevés par la police sur les lieux du crime. L’avocat dénonce ouvertement des entraves délibérées visant à bloquer la transmission des actes aux services compétents.

Face à cette situation, Me Jean Yaovi Degli demande instamment aux autorités togolaises de garantir le respect de ses droits fondamentaux via une enquête indépendante. À défaut d’avancées, il annonce son intention d’engager de nouvelles actions et de révéler publiquement l’identité des personnes qu’il estime impliquées dans cette tentative d’empoisonnement.

Contactées ou désignées par l’ancien ministre, les autorités judiciaires ainsi que les personnes potentiellement mises en cause n’ont, pour l’heure, apporté aucune confirmation ou réaction publique à ces allégations.

Dans l’opinion, la surprise est générale pour le fait que Me Jean Yaovi Degli ne représentait plus, depuis bien des années, une menace pour le régime en place, ni par ses prises de position ni par ses activités. On se rappelle que l’ancien opposant farouche de Gnassingbé Eyadèma avait déclaré au sujet des dernières élections organisées au Togo qu’elles étaient transparentes dans la région de Kpalimé. Qui est des autorités locales issues desdites élections s’en prendrait au natif du milieu ?

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