Togo/Dialogue politique : l’ANC et la DMP boycottent le CPC et tiennent à l’arrêt de la CEDEAO

Louis KAMAKO
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Louis KAMAKO est un journaliste et rédacteur togolais spécialisé dans les questions politiques, sociales et médiatiques. Il couvre l’actualité politique, les enjeux de société et la...
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Une nouvelle session de dialogue politique du Cadre permanent de concertation (CPC) se tient du 30 juin au 3 juillet prochain. L’Alliance nationale pour le changement (ANC) et la Dynamique pour la majorité du peuple (DMP) ont annoncé qu’elles ne participeront pas aux travaux. Ces formations évoquent l’arrêt rendu le 29 janvier 2026 par la Cour de justice de la CEDEAO pointant un « changement inconstitutionnel de gouvernement » au Togo.

Invitée par le ministère de l’Administration territoriale à prendre part aux travaux du CPC, l’ANC a décliné l’invitation. Dans une déclaration rendue publique lundi, le parti estime que cette rencontre est convoquée alors même que les conséquences de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO exigeaient au préalable une réflexion sur les mesures à prendre.

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« Le CPC est loin de constituer un véritable espace de dialogue politique ouvert et crédible. Il  sert essentiellement à cautionner des décisions arrêtées à l’avance par le pouvoir RPT/UNIR et à offrir une façade de concertation démocratique », écrit Jean-Pierre Fabre.

Le président national de l’ANC  considère que l’arrêt de la juridiction communautaire conforte cette analyse. Citant notamment les paragraphes 89 et 91 de la décision, le parti rappelle que la Cour a estimé que la révision constitutionnelle de mars 2024 constituait un changement inconstitutionnel de gouvernement au regard de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.

« Avant toute nouvelle initiative politique, les autorités togolaises se doivent de tirer avec responsabilité toutes les conséquences politiques et juridiques de cet arrêt et de se conformer pleinement aux obligations qui en découlent », exige l’ANC

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La DMP réclame une transition politique

La Dynamique pour la majorité du peuple, qui regroupe notamment la CDPA et Démocrates socialistes africains (DSA), refuse également de siéger au CPC.

Dans son communiqué, la coalition rappelle avoir demandé, avant la promulgation de la Constitution de la Ve République, que la question de la réforme constitutionnelle soit inscrite à l’ordre du jour du cadre de concertation, une demande rejetée, selon elle, par le gouvernement.

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La DMP estime que l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO confirme que la crise actuelle n’est pas une simple divergence politique, mais une crise institutionnelle profonde, née d’un changement constitutionnel imposé en violation des principes démocratiques fondamentaux

« Il est totalement surréaliste, et même irresponsable, que le CPC soit convoqué et consacre ses travaux à un ordre du jour aussi éloigné des préoccupations fondamentales des Togolaises et des Togolais », soutient la DMP

Elle affirme que  la priorité nationale est de trouver une issue politique à la crise institutionnelle née de ce changement anticonstitutionnel de Constitution. Sur ce, elle appelle à  l’ouverture d’une transition politique véritablement inclusive, seule capable de refonder les institutions de la République, de restaurer la légalité constitutionnelle et de rétablir la confiance entre les acteurs politiques, les institutions et les citoyens.

Retrait confirmé du dialogue politique

La DMP rappelle également qu’elle avait annoncé son retrait du CPC en juillet 2025. Parmi les motifs avancés figuraient la libération des prisonniers politiques, le rejet de la Constitution de la Ve République, le départ du président Faure Gnassingbé, l’amélioration du pouvoir d’achat et les suites judiciaires de l’agression de participants à une rencontre citoyenne avec le député sénégalais Guy Marius Sagna.

La coalition estime aujourd’hui que ces revendications sont  renforcées  par l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO. Elle considère que le CPC est devenu une chambre d’enregistrement, incapable de prendre en compte les préoccupations essentielles de l’opposition, de la société civile et du peuple togolais  et affirme refuser « de servir de caution à une concertation vidée de son sens, pendant que le pays traverse une crise politique majeure ».

 « On ne soigne pas une crise institutionnelle avec un ordre du jour administratif. Le Togo ne veut plus d’un simulacre de dialogue politique. Il veut une transition inclusive et refondatrice. » , a conclu la coalition.

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Louis KAMAKO est un journaliste et rédacteur togolais spécialisé dans les questions politiques, sociales et médiatiques. Il couvre l’actualité politique, les enjeux de société et la gouvernance locale avec une approche fondée sur la rigueur, l’analyse et la vérification des faits.