Le congrès du PASTEF (Parti les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité) a eu lieu samedi à Diamniadio. Les délégués de cette formation politique ont élu un bureau national et adopté les textes nécessaires. Le congrès consacre l’émancipation du parti vis-à-vis du pouvoir de Bassirou Diomaye Faye avec lequel il est en froid depuis plusieurs mois.
C’est un congrès qui fera date dans l’histoire politique contemporaine du Sénégal. A Diamniadio, aux portes de Dakar, les délégués de Pastef-Les Patriotes ont élu Ousmane Sonko à la tête du parti. Si l’issue de ce scrutin ne faisait aucun doute, la configuration inédite de ce premier congrès national depuis la création du mouvement en 2014 intervient au moment d’une profonde recomposition institutionnelle au sommet de l’État.
Un vote unanime pour structurer le PASTEF
Le verdict des urnes est sans équivoque et témoigne de l’autorité absolue qu’exerce le nouveau président de l’Assemblée nationale sur les structures internes de sa formation. Selon les résultats proclamés par la commission électorale du congrès, Ousmane Sonko obtient la totalité des voix, soit 589 suffrages sur 589 procès-verbaux reçus (sur 598 attendus). Aucun vote blanc ou nul n’a été enregistré pour un taux de participation de 98,5 %.
Ce rassemblement, qui a mobilisé les délégués venus du Sénégal et de la diaspora, marque un tournant managérial. Dans une contribution publiée en amont de l’événement, Ousmane Sonko avait théorisé cette étape comme indispensable pour faire passer le Pastef « du mouvement à l’organisation ». En s’octroyant la direction politique formelle, le leader s’assure les leviers nécessaires pour redéfinir la doctrine du parti face aux réalités de l’exercice du pouvoir.
Les délégués ont été voté à l’unanimité le règlement intérieur du parti.
Un congrès du PASTEF très attendu
Au-delà de la restructuration interne, la véritable portée de ce congrès réside dans son contexte politique immédiat. L’élection survient en effet deux semaines après qu’Ousmane Sonko a été démis de ses fonctions de Premier ministre, le 22 mai, par le président Bassirou Diomaye Faye. Un limogeage rapidement suivi par l’accession de M. Sonko au perchoir de l’Assemblée nationale, après la démission d’El Malick Ndiaye.
Cette séquence fluide mais hautement stratégique a mis en lumière des divergences de fond entre les deux figures de proue du Pastef sur l’orientation de l’action gouvernementale et les modalités d’exercice du pouvoir. La séparation des rôles est désormais nette dans le pays. Le président de la République garde la main sur l’appareil d’État, tandis que le chef du parti s’impose en garant de la majorité législative.
Une majorité parlementaire hors du gouvernement
Ce congrès du PASTEF intervient également quelques jours après la mise en place du nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre Ahmadou Alamine Mohamed Lo. En dépit de sa large majorité au Parlement, le Pastef a pris la décision de ne pas envoyer de représentants au sein de cette équipe technocratique.
Ousmane Sonko a justifié ce retrait par des désaccords précis concernant la place dévolue à la majorité parlementaire dans l’architecture institutionnelle actuelle. Toutefois, soucieux de ne pas déstabiliser le pays dans une période de transition délicate, il a formellement exclu le recours à une motion de censure contre l’équipe d’Ahmadou Alamine Mohamed Lo. Le mot d’ordre reste le dialogue constructif avec le chef de l’État.
Les travaux doivent s’achever dimanche par une cérémonie de clôture au cours de laquelle les principales résolutions adoptées par les congressistes seront rendues publiques.
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