La situation de Marguerite Gnakadé, ancienne ministre des Armées, suscite une inquiétude croissante au sein de l’opposition et de la société civile. En grève de la faim depuis plusieurs jours, la détenue voit son état de santé se dégrader, selon deux déclarations rendues publiques les 14 et 16 août. Des regroupements d’opposition et Togo-Espoir réclament sa libération immédiate ainsi que celle des autres détenus politiques et d’opinion.
L’alerte se fait de plus en plus pressante autour de Marguerite Gnakadé. Détenue depuis plusieurs mois et engagée dans une grève de la faim pour protester contre son incarcération et demander que les accusations portées contre elle soient étayées par des preuves, l’ancienne ministre des Armées serait désormais dans un état de santé jugé préoccupant par ses soutiens.
Dans une déclaration datée du 14 août à Lomé, la DMK-Originale, la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), la Lumière pour le Développement dans la Paix (LDP) et le mouvement « Touche Pas À Ma Constitution » tirent la sonnette d’alarme. Ces organisations affirment que Marguerite Gnakadé observe une grève de la faim depuis quinze jours et redoutent que son pronostic vital puisse être engagé.
Les signataires dénoncent les conditions de détention de l’ancienne ministre, qu’ils qualifient de « cruelles, inhumaines et dégradantes ». Ils estiment que ces conditions pourraient être assimilées à des traitements interdits par les textes nationaux et internationaux auxquels le Togo a souscrit.
Une demande de prise en charge médicale urgente
Au-delà de la question judiciaire, les organisations signataires placent désormais la préservation de la vie de Marguerite Gnakadé au centre de leur démarche. Elles demandent sa « libération immédiate et sans condition », afin qu’elle puisse bénéficier d’une prise en charge médicale urgente, notamment auprès de son médecin personnel.
Le communiqué met également en cause la situation d’autres personnes détenues pour des motifs que ses signataires considèrent comme politiques ou liés à leurs opinions. Il cite notamment Jean Paul Oumolou, Affectio, Tayo et Lavie Beau, ainsi que treize détenus ayant bénéficié d’une libération provisoire depuis février 2026.
Les organisations demandent, plus largement, la libération de l’ensemble des détenus politiques et d’opinion et appellent à la fin de ce qu’elles décrivent comme des actes de torture, des brimades et des atteintes aux droits humains dans les établissements pénitentiaires.
TOGO-ESPOIR appelle Faure Gnassingbé à intervenir
Deux jours plus tard, le 16 août, le mouvement TOGO-ESPOIR a à son tour pris position. Dans un communiqué signé à Kara par son président, Agouzou Ricardo, l’organisation dit suivre « avec une vive et profonde inquiétude » l’évolution de l’état de santé de Marguerite Gnakadé.
Le mouvement affirme que la détenue observe une grève de la faim depuis une dizaine de jours pour dénoncer sa détention et réclamer que les accusations portées contre elle soient étayées par des preuves. Il considère qu’aucune divergence politique ou procédure judiciaire ne saurait justifier qu’une vie humaine soit exposée à un danger irréversible.
TOGO-ESPOIR interpelle directement le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, l’exhortant à faire prévaloir « la sagesse, l’esprit de dépassement et le sens de l’État ».
Pour le mouvement, l’enjeu dépasse désormais le seul cas de Marguerite Gnakadé. Il s’inscrit dans un contexte politique qu’il juge particulièrement tendu, marqué par l’aggravation des fractures entre les Togolais et la multiplication, notamment sur les réseaux sociaux, de discours de haine et de propos à caractère identitaire ou ethniciste.
L’appel à éviter un nouveau drame
TOGO-ESPOIR évoque également la dimension familiale de l’affaire. Marguerite Gnakadé est présentée comme la belle-sœur de Kpatcha Gnassingbé, frère du chef de l’État et détenu depuis de nombreuses années. Le mouvement estime qu’une éventuelle issue tragique à la situation actuelle constituerait un « drame humain et un traumatisme politique » aux conséquences difficiles à mesurer.
L’organisation appelle ainsi à dépasser les clivages politiques et à préserver les liens humains et familiaux. « Aucune victoire politique ne saurait valoir le prix d’une vie humaine », insiste-t-elle.
Dans ses recommandations, TOGO-ESPOIR demande la libération sans délai de Marguerite Gnakadé, le respect de ses droits fondamentaux, notamment son droit à la santé et à la dignité, ainsi que l’intervention diligente de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH).
Le mouvement appelle également les organisations de la société civile, les autorités religieuses et traditionnelles, les acteurs politiques de toutes sensibilités et les défenseurs des droits humains à se mobiliser. Il souhaite par ailleurs que les organisations régionales et internationales suivent de près la situation.
Une pression politique qui s’accentue pour Marguerite Gnakadé
À travers ces deux prises de position successives, les appels à la libération de Marguerite Gnakadé prennent une nouvelle dimension. Les signataires du premier communiqué comme TOGO-ESPOIR associent désormais la question de sa détention à celle, plus large, du sort des prisonniers politiques et d’opinion au Togo.
Ils placent surtout les autorités face à une urgence humanitaire : prévenir toute dégradation irréversible de l’état de santé de l’ancienne ministre.
Alors que le débat politique togolais demeure marqué par de profondes tensions, les organisations signataires plaident pour un geste d’apaisement. Elles demandent aux autorités de privilégier la protection de la vie, le respect de la dignité humaine, le dialogue et la réconciliation.
Pour TOGO-ESPOIR, la véritable force d’un État ne réside pas uniquement dans l’exercice de son autorité, mais aussi dans sa capacité à protéger la dignité de ceux qui contestent, s’opposent ou se retrouvent poursuivis par la justice. Une conviction résumée dans son appel final : « Le Togo n’a pas besoin d’un nouveau drame. Il a besoin d’apaisement, de justice, de dialogue sincère et de réconciliation. ».
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