A Kpalimé, l’Union Musulmane du Togo (UMT) a pris des sanctions fortes pour stopper l’escalade des tensions au sein de la communauté musulmane. L’Imam principal de la Mosquée centrale de Kpalimé est radié définitivement et le lieu du culte lui-même est mis sous scellés provisoirement. Une reprise en main institutionnelle qui vise à préserver la paix civile, sur fond de craintes de dérives sécuritaires.
La réponse institutionnelle est à la mesure de la gravité des faits. Face à la dégradation rapide du climat social et religieux à Kpalimé, l’Union Musulmane du Togo (UMT) a décidé de rompre avec la diplomatie interne pour imposer des mesures de rigueur exceptionnelles. La démarche vise à restaurer d’autorité le calme et couper court à des rivalités de clans qui menaçaient de déborder dans l’espace public.
Radiation, fermeture de mosquée et mobilisation nationale
C’est par une correspondance officielle d’une rare fermeté que le couperet est tombé. Signée par le président national de l’UMT, le Sénateur Ibrahima Inoussa (El-Hadj Inoussa Bouraïma), la décision prononce la radiation définitive de l’Imam Malam Salifou Moussa. Ce dernier est officiellement et irrévocablement exclu du corps des Imams du Togo. L’instance religieuse suprême du pays motive cette sanction par des « actes de défiance » caractérisés et des récidives répétées de la part de l’ancien dignitaire.
Parallèlement à cette sanction individuelle, l’UMT a sanctuarisé le lieu du conflit. Le président de l’union a officiellement sollicité le préfet de Kloto pour ordonner la fermeture provisoire de la Mosquée centrale de Kpalimé. Immédiatement exécutée, cette mise sous clé s’est faite sous l’étroite surveillance des forces de sécurité. Pour l’UMT, cette mise en veille forcée doit servir de trêve technique, indispensable pour geler les hostilités et ouvrir la voie à un règlement pacifique.
Preuve que la crise dépasse les frontières de la préfecture de Kloto, l’UMT a immédiatement déplacé le sujet sur le terrain de la sensibilisation nationale. Le 20 mai 2026, une réunion d’envergure s’est tenue à la Maison du Hadj à Lomé. Sous la direction de l’Imam Ali Sossah, et en présence des Imams de la Préfecture du Golfe, les leaders religieux ont longuement insisté sur les risques d’extrémisme violent, rappelant la nécessité absolue de respecter les institutions républicaines et le vivre-ensemble dans un Togo laïc.
Une crise ouverte à la mosquée centrale de Kpalimé
Pour comprendre la sévérité de ces mesures, il faut revenir sur les événements récents qui ont fait basculer la communauté musulmane locale dans l’angoisse d’un affrontement généralisé.
Le point de non-retour a été atteint il y a peu, lorsque l’Imam Malam Salifou Moussa a été physiquement agressé au sein même de la Mosquée centrale de Kpalimé, un lieu pourtant sacré. Cet incident d’une violence inédite a exacerbé les rancœurs entre les fidèles de camps rivaux, faisant craindre aux autorités locales des représailles à grande échelle et des violences de rue.
En réalité, cette agression n’est que le point d’orgue d’un feuilleton de discorde qui dure depuis plusieurs années. Malam Salifou Moussa n’en était pas à son premier rappel à l’ordre. L’homme avait déjà fait l’objet de deux suspensions successives par sa hiérarchie, en 2021 puis en 2022. L’UMT l’accuse de s’être installé dans une posture de fronde systématique et d’avoir délibérément entretenu, par ses prises de position, de graves troubles ayant profondément fracturé les fidèles de Kpalimé.
En reprenant les clés de la mosquée et en écartant définitivement son ancien guide, l’UMT fait le pari de la fermeté politique et religieuse. Reste à savoir si cette mise sous tutelle sécuritaire suffira à apaiser les esprits d’une communauté profondément meurtrie par les divisions.
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