Guinée : Un charnier découvert à Forécariah, polémiques sur les disparitions forcées

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La découverte de six corps dans un charnier à Forécariah, dans le sud-ouest de la Guinée, suscite une vive inquiétude au sein de la société civile ouest-africaine. Vingt organisations de défense des droits humains demandent une enquête « indépendante, impartiale et transparente » et appellent les instances régionales et africaines à assurer un suivi du dossier.

Parmi les signataires figurent notamment Africtivistes, AfrikaJom Center, Tournons la page Togo et Y en a marre du Sénégal. Dans un communiqué commun, ces organisations affirment avoir saisi la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Cédéao ainsi que la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples.

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Elles réclament notamment le recours à des experts légistes internationaux, la réalisation d’autopsies, des tests ADN ainsi que la mise en place de mesures destinées à protéger les éventuels témoins.

Six corps découverts les mains liées dans un charnier

L’affaire remonte au 24 août, date à laquelle six corps ont été découverts dans une fosse commune à Sabakhouré, dans la sous-préfecture d’Allassoyah, préfecture de Forécariah. Selon les organisations signataires, les victimes avaient les mains liées et les yeux bandés.

Cette découverte intervient dans un contexte particulièrement sensible. Les organisations de la société civile affirment documenter depuis plusieurs années des cas de disparitions forcées en Guinée. Elles avancent le chiffre d’au moins 35 cas recensés depuis le 5 septembre 2021.

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Les signataires rappellent également qu’une première fosse contenant des corps avait été découverte en octobre 2025 dans la même préfecture. Une enquête avait alors été ouverte, mais ses conclusions n’ont, selon eux, toujours pas été rendues publiques.

La société civile réclame des garanties

Pour les organisations mobilisées, la priorité est désormais d’établir l’identité des victimes et les circonstances exactes de leur mort, dans un contexte où les disparitions forcées continuent d’inquiéter. Elles souhaitent que les investigations soient conduites avec des garanties suffisantes d’indépendance et de transparence, afin d’éviter toute contestation ultérieure des résultats.

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« Nous sommes très sceptiques parce qu’aucune des enquêtes sur les graves violations des droits humains n’a abouti », a déclaré le défenseur des droits humains Alioune Tine, l’un des porte-parole de la coalition.

Il s’est également inquiété de l’absence de communication publique du parquet de Forécariah au moment de la publication du communiqué, estimant que cette situation « rappelle la vieille époque » du régime de Sékou Touré.

Les autorités guinéennes appellent à la prudence

Face aux interrogations, la Commission de défense et de sécurité guinéenne s’est réunie en session extraordinaire samedi 29 août, sous la présidence du ministre délégué à la Défense nationale, Ibrahima Kalil. Dans un communiqué, elle a assuré que « toute la lumière sera faite » sur la découverte des corps, tout en soulignant qu’« aucune conclusion définitive ne peut être tirée » à ce stade des investigations.

La Commission a également appelé à éviter « toute spéculation ou diffusion d’informations non vérifiées pouvant perturber le déroulement des investigations ».

Le procureur de la République de Forécariah, saisi du dossier depuis la découverte des corps dans la fosse commune, n’avait, pour sa part, pas communiqué publiquement sur l’état d’avancement de l’enquête à la date du communiqué des 20 organisations.

En saisissant la Cédéao et la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, les organisations entendent donner une dimension régionale à une affaire qui soulève de nouvelles interrogations sur la situation des droits humains en Guinée. Elles demandent que les investigations permettent d’établir les faits, d’identifier les victimes et, le cas échéant, de déterminer les responsabilités. Pour l’heure, les circonstances dans lesquelles ces six personnes sont mortes restent à établir par l’enquête.

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