Le gynécologue-obstétricien Moïse Fiadjoe est décédé samedi 3 octobre 2026. Pendant plusieurs décennies, il a consacré sa carrière à la médecine de la reproduction et à la prise en charge de l’infertilité. Son nom reste associé au développement de la fécondation in vitro au Togo et à la structuration de la recherche sur la fertilité en Afrique francophone.
Le Togo perd l’une de ses figures de la médecine de la reproduction. Le Dr Moïse Kwasivi Fiadjoe est décédé samedi 3 octobre, selon l’annonce faite par les familles Fiadjoe, parentes et alliées.
Gynécologue-obstétricien et spécialiste de la médecine de la reproduction, il avait consacré l’essentiel de sa carrière à la prise en charge de l’infertilité. Son parcours est notamment lié à la Clinique BIASA, à Lomé, dont il fut l’un des fondateurs et où il dirigeait encore récemment le centre de fertilité. La clinique le présentait comme gynécologue-obstétricien et chef de service de ce centre.
Une carrière construite autour de la reproduction
Formé en France, Moïse Fiadjoe obtient son doctorat d’État en médecine à Lille en 1978. Il complète ensuite sa formation dans plusieurs domaines liés à la pratique médicale et à la reproduction humaine, notamment la biologie humaine, l’échographie et la gynécologie-obstétrique.
De retour au Togo en 1983, il rejoint le cabinet médical de son père. Un an plus tard, il participe à la création de la Clinique BIASA avec les docteurs Jemima Prince-Agbodjan et Robert Koblavisoé Fiadjoe. La structure va progressivement se développer autour de plusieurs spécialités médicales. Son centre de fertilité occupera une place particulière dans cette évolution, avec le développement de techniques d’assistance médicale à la procréation.
La Clinique BIASA propose aujourd’hui notamment la fécondation in vitro, l’ICSI, l’insémination intra-utérine ainsi que des techniques faisant appel au don de gamètes ou d’embryons.
Dr Moïse Fiadjoe, pionnier de la FIV au Togo
Le nom de Moïse Fiadjoe reste surtout associé à l’histoire de la fécondation in vitro au Togo. Il est présenté comme le premier médecin togolais à avoir réalisé une FIV dans le pays, en 1996.
Son intérêt pour les technologies médicales avait toutefois commencé plus tôt. Dès 1984, il avait équipé son cabinet d’un échographe, à une époque où cette technologie était encore peu répandue dans le pays. Son parcours s’inscrit ainsi dans une période où l’accès aux techniques de procréation médicalement assistée demeurait limité sur le continent africain.
Une publication consacrée à la FIV en Afrique cite d’ailleurs les données du GIERAF et mentionne Moïse Fiadjoe parmi les acteurs ayant contribué au développement des données sur l’assistance médicale à la procréation dans plusieurs pays africains. Les données présentées pour 2013 faisaient état de 523 aspirations ovocytaires dans les centres concernés, avec des taux de naissance vivante par transfert de 26,9 % pour la FIV et de 29 % pour l’ICSI.
Un engagement qui dépassait le cadre de sa clinique
Moïse Fiadjoe n’a pas limité son activité à la pratique médicale. Il a également participé à la structuration de la recherche et des échanges professionnels autour de l’infertilité en Afrique.
Il figure parmi les fondateurs du Groupe interafricain d’études, de recherches et d’application sur la fertilité (GIERAF), créé en 2009. Il en a assuré la présidence au début de l’organisation et en a également présidé le congrès de 2010 à Douala, consacré à l’assistance médicale à la procréation en Afrique. Les documents du GIERAF le présentent comme son président fondateur.
Le GIERAF avait notamment pour objectifs de prévenir les causes évitables d’infertilité, de renforcer la formation des praticiens dans le domaine de la reproduction et de favoriser les échanges scientifiques entre les professionnels africains. Son implication dans la recherche s’est également traduite par sa participation à des études multicentriques consacrées à l’infertilité masculine en Afrique. Un protocole de recherche du GIERAF le cite ainsi parmi les membres de l’équipe de coordination.
De Lomé à la scène scientifique africaine
Au fil des années, le médecin togolais s’est imposé dans les réseaux consacrés à la fertilité et à la médecine de la reproduction sur le continent. En 2019, il intervenait encore dans les échanges scientifiques consacrés à l’infertilité en Afrique. Son expertise avait également été sollicitée par RFI dans l’émission « Priorité Santé », où il avait abordé les causes de l’infertilité et les possibilités de prise en charge des couples confrontés à des difficultés à concevoir.
Son nom apparaît également dans les réseaux scientifiques internationaux consacrés à la fertilité. L’African Federation of Fertility Societies (AFFS) l’a notamment désigné comme membre de liaison auprès du GIERAF pour les pays francophones d’Afrique. Jusqu’à une période récente, Moïse Fiadjoe continuait d’exercer à la Clinique BIASA.
Avec le décès de Moïse Kwasivi Fiadjoe, le Togo perd un praticien dont la carrière s’est confondue avec une partie de l’histoire de la médecine de la reproduction dans le pays.
De ses premières expériences en échographie au développement de la fécondation in vitro, de la pratique clinique à la recherche sur l’infertilité en Afrique, son parcours aura accompagné l’introduction et la diffusion de techniques qui ont progressivement élargi les possibilités de prise en charge des couples confrontés à l’infertilité.
Les informations relatives aux obsèques seront communiquées ultérieurement, d’après la famille.
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