À Abidjan, la justice ivoirienne poursuit son offensive contre les circuits informels liés aux métaux précieux. Le 30 avril 2026, un Togolais, identifié comme Sangbanté Asanté, a comparu devant le Pôle pénal économique et financier de Cocody pour des faits présumés de blanchiment de capitaux. C’est à la suite de la vente d’environ 47 grammes d’or.
Selon les éléments exposés à l’audience, le prévenu, installé en Côte d’Ivoire, travaillait pour une société minière opérant dans la région de la Nawa, dénommée Mine Ivoire. Dans le cadre de ses fonctions, il aurait découvert des paillettes d’or qu’il a ensuite vendues sans autorisation administrative.
La transaction, estimée à plus de 2,5 millions de francs CFA, constitue le cœur de l’accusation. Arrêté par les forces de l’ordre, Sangbanté Asanté affirme que les fonds issus de la vente ont été intégralement saisis avant qu’il n’ait pu en disposer. À la barre, il invoque une méconnaissance des règles encadrant la commercialisation de l’or.
Pour le ministère public, les faits sont suffisamment caractérisés pour justifier la qualification de blanchiment de capitaux. La mise en circulation de fonds issus d’une vente non autorisée constitue, selon le parquet, une infraction grave au regard du cadre légal ivoirien.
En conséquence, le procureur a requis une peine de trois ans d’emprisonnement ferme assortie d’une amende de six millions de francs CFA, soulignant la nécessité de dissuader les pratiques informelles dans un secteur hautement sensible.
Un togolais sans intention criminelle, d’après l’avocat
La défense conteste cette lecture. L’avocat du prévenu met en avant l’absence d’intention criminelle, arguant que son client n’a pas eu la jouissance effective des fonds au moment de son interpellation. Il insiste également sur le défaut d’agrément administratif, qui relèverait davantage d’une infraction réglementaire que d’un schéma de blanchiment structuré.
Au cours des débats, les éléments techniques liés à l’origine du métal et à sa chaîne de commercialisation ont été examinés. À ce stade, l’enquête n’a pas établi de connexion directe avec un réseau organisé, un point qui pourrait peser dans l’appréciation finale du tribunal.
Placée sous mandat de dépôt depuis le 23 septembre 2025, la mise en cause reste détenue au Pôle pénitentiaire d’Abidjan dans l’attente du verdict. Le tribunal a mis l’affaire en délibéré, avec une décision attendue le 21 mai 2026.
Au-delà du cas individuel, ce dossier de blanchiment de capitaux illustre les tensions entre orpaillage artisanale, encadrement réglementaire et criminalisation des circuits informels. Dans un pays où l’or représente un enjeu économique croissant, les autorités judiciaires semblent déterminées à resserrer le contrôle sur les flux financiers liés à ce secteur. Cette affaire du togolais à Abidjan illustre est surtout symptomatique des dynamiques liées au trafic d’or en Afrique de l’Ouest
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