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Zambie/législatives : La Net Rights Coalition alertent sur les menaces contre les libertés

Didier ASSOGBA
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Didier ASSOGBA
Didier ASSOGBA est journaliste multimédia, consultant médias, enseignant et politologue togolais. Actif depuis 2009, il dirige TogoBreakingNews.info depuis 2014. Diplômé de l’UCAO-Togo et formé à l’ESJ...
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À quelques jours des élections législatives en Zambie prévues le 13 août 2026, les inquiétudes grandissent autour du respect des libertés fondamentales. La Net Rights Coalition, un réseau africain engagé dans la défense des droits numériques, appelle les autorités à garantir un Internet libre et à protéger les journalistes. Le réseau invite également à revoir des lois controversées sur la cybersécurité et la cybercriminalité, jugées susceptibles de porter atteinte à la liberté d’expression et au processus démocratique.

Dans une déclaration rendue publique cette semaine, la Net Rights Coalition exhorte le gouvernement zambien à faire du respect des libertés numériques un pilier du processus électoral.

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Le réseau, qui rassemble des militants engagés dans la promotion de la liberté sur Internet et la protection des droits numériques en Afrique, se dit préoccupé par la multiplication des arrestations, détentions et convocations de journalistes intervenues ces derniers mois sous le fondement de la loi n° 4 de 2025 sur la cybercriminalité.

Selon la Coalition, ces poursuites interviennent dans un contexte marqué par un recul des libertés civiques et alimentent un climat d’intimidation susceptible d’affecter la couverture médiatique des élections.

Des lois contestées devant la justice

Les inquiétudes des défenseurs des droits numériques sont renforcées par les recours actuellement examinés par la Haute Cour de Zambie. Plusieurs organisations contestent certaines dispositions de la loi n° 3 de 2025 sur la cybersécurité et de la loi n° 4 de 2025 sur la cybercriminalité, estimant que les mécanismes de surveillance et d’interception des communications qu’elles prévoient pourraient compromettre la liberté d’expression, le journalisme d’investigation ainsi que la participation citoyenne.

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Pour la Net Rights Coalition, l’utilisation de ces textes contre des journalistes à l’approche d’un scrutin national renforce les préoccupations quant à leur mise en œuvre. L’organisation plaide pour une application « transparente, proportionnée et conforme aux droits fondamentaux », afin de préserver l’équilibre entre les impératifs de sécurité et le droit du public à être informé.

Le spectre de la coupure d’Internet de 2021

Le réseau rappelle également un précédent qui continue de marquer les défenseurs des libertés numériques en Afrique australe. Lors de l’élection présidentielle d’août 2021, la Zambie avait connu sa première coupure d’Internet imposée par l’État, affectant notamment l’accès aux réseaux sociaux pendant une période cruciale du scrutin.

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À quelques jours d’un nouveau rendez-vous électoral, la Coalition appelle les autorités à éviter toute restriction similaire et à garantir un accès libre et ininterrompu à Internet avant, pendant et après les élections.

Selon elle, les plateformes numériques constituent aujourd’hui des outils essentiels pour permettre aux citoyens d’accéder à l’information, d’échanger sur les enjeux politiques, mais aussi aux journalistes, observateurs électoraux et organisations de la société civile de documenter le déroulement du scrutin.

La Net Rights Coalition rappelle les engagements africains

Pour appuyer son plaidoyer, la Net Rights Coalition invoque plusieurs instruments régionaux ratifiés par les États africains. Elle rappelle notamment les dispositions de l’article 19 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (ACDEG), qui engage les États parties à garantir un libre accès à l’information, la liberté de circulation ainsi que des conditions favorables aux missions d’observation électorale.

L’organisation cite également le principe 38(2) de la Déclaration de principes sur la liberté d’expression et l’accès à l’information en Afrique adoptée par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), selon lequel les gouvernements ne doivent ni provoquer ni tolérer des perturbations de l’accès à Internet.

Elle rappelle enfin la résolution 580 de la CADHP, qui invite les États africains à assurer un accès continu au réseau Internet durant les périodes électorales.

À quelques jours du scrutin, la Net Rights Coalition formule trois recommandations prioritaires au gouvernement zambien. Elle appelle d’abord à créer un environnement permettant aux médias d’exercer librement leur mission d’information durant les élections. Elle demande ensuite de garantir un accès sans restriction à Internet, aux réseaux sociaux et à l’ensemble des plateformes numériques de communication.

Enfin, elle invite les autorités à réviser les dispositions législatives susceptibles de limiter l’exercice des libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression, le droit à la vie privée, l’accès à l’information et la liberté de la presse.

Pour les défenseurs des droits numériques, la crédibilité des élections du 13 août dépendra autant de l’organisation du scrutin que de la capacité des autorités à préserver un espace numérique libre, ouvert et accessible à tous les citoyens.

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Didier ASSOGBA est journaliste multimédia, consultant médias, enseignant et politologue togolais. Actif depuis 2009, il dirige TogoBreakingNews.info depuis 2014. Diplômé de l’UCAO-Togo et formé à l’ESJ Lille, il est spécialisé en analyse politique, gouvernance, communication digitale et médias numériques en Afrique de l’Ouest.