Le ton est monté d’un cran entre les autorités du Burkina Faso et Human Rights Watch. Dans un communiqué, le pouvoir de Ibrahim Traoré rejette en bloc les conclusions récentes de l’organisation. Ouagadougou dénonce une méthodologie jugée biaisée et une lecture « politisée » de la situation sécuritaire du pays.
Le gouvernementale pointe la crédibilité même du rapport. Les autorités affirment que Human Rights Watch ne dispose d’aucune présence officielle sur le territoire national et s’appuierait sur des témoignages « orientés », voire issus de sources « subventionnées ». L’ONG est accusée de sélectionner ses interlocuteurs pour étayer une thèse préétablie. Pour Ouagadougou, ces « insuffisances méthodologiques » relèveraient moins de l’erreur que d’une stratégie visant à « diaboliser » les forces nationales.
Au-delà des aspects techniques, le gouvernement burkinabè inscrit cette controverse dans un registre plus large. Le communiqué évoque une « instrumentalisation » de la question des droits humains à des fins politiques, dénonçant des intérêts qualifiés d’« impérialistes » ou « néocoloniaux ».
Dans cette grille de lecture, les critiques adressées aux autorités s’inscriraient dans une tentative de fragilisation de l’État, engagé dans une lutte de longue haleine contre les groupes armés. Une rhétorique désormais récurrente dans le discours officiel, qui associe les pressions internationales à des agendas extérieurs.
Les forces engagées accusées par Human Rights Watch
Face aux accusations de violations graves telles que massacres, violences sexuelles, pillages, le gouvernement adopte une ligne de défense sans nuance. Les Forces de défense et de sécurité (FDS) ainsi que les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) sont présentés comme des acteurs « loyaux » et « professionnels », opérant dans le respect des lois nationales et des engagements internationaux.
Le communiqué franchit un cap supplémentaire en évoquant la possibilité de « mesures fermes » contre les organisations jugées hostiles. Certaines ONG sont ainsi qualifiées d’« officines impérialistes déguisées », tandis que des médias sont accusés de relayer ces rapports dans une logique de « service après-vente ».
Ouagadougou rappelle que la priorité demeure la lutte contre le terrorisme. Une guerre asymétrique qui, selon lui, impose des contraintes opérationnelles souvent ignorées par les observateurs extérieurs.
Ouagadougou affirme ainsi mener cette bataille « dans le strict respect des lois nationales et des engagements internationaux », tout en dénonçant une tendance à attribuer systématiquement aux forces nationales des exactions qui pourraient, selon les autorités, être le fait d’acteurs extérieurs, y compris de mercenaires.





