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Burkina Faso : 118 ONG dissoutes, Ouagadougou durcit le ton

Togo Breaking News
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Au Burkina Faso, les autorités ont annoncé la dissolution et l’interdiction d’exercer de 118 ONG (Organisations non gouvernementales) et associations. Une mesure d’ampleur inédite qui touche en majorité des structures actives dans la défense des droits humains.

Parmi les organisations concernées figurent notamment l’Union interafricaine des droits de l’homme, le Cercle d’Éveil, Jeunesse unie pour une nouvelle Afrique ou encore la branche nationale de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme. Dans un ton sans ambiguïté, les autorités préviennent que toute poursuite d’activités malgré cette décision exposera leurs responsables à des sanctions prévues par la loi.

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Cette vague de dissolutions s’inscrit dans la mise en œuvre d’un nouveau dispositif légal adopté en juillet 2025. Celui-ci impose aux organisations de la société civile des exigences accrues, tant sur le plan administratif que financier, avec un accent particulier mis sur la transparence des ressources.

Le gouvernement justifie ce durcissement par la nécessité de mieux encadrer un secteur jugé vulnérable aux dérives, notamment en matière de blanchiment de capitaux ou de financement de groupes armés dans un contexte sécuritaire dégradé. Les autorités affirment vouloir assainir le paysage associatif et renforcer la traçabilité des flux financiers.

Un délai d’un an avait été accordé aux organisations, à compter du 23 juillet 2025, pour se conformer aux nouvelles règles. Mais dès les premiers mois, une vingtaine d’ONG avaient déjà perdu leur autorisation d’exercer, signe d’une application rapide et rigoureuse du texte.

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Une société civile sous pression au Burkina Faso

La décision actuelle marque une intensification de cette dynamique. Elle intervient dans un climat déjà tendu entre les autorités et certaines organisations, accusées, selon le discours officiel, de relayer des agendas extérieurs ou de porter atteinte aux intérêts nationaux.

Début avril, le gouvernement avait publiquement évoqué la possibilité de mesures fermes contre des structures perçues comme des relais d’influences étrangères. Une position renforcée par la publication récente d’un rapport d’ONG internationale mettant en cause les forces armées burkinabè dans des violations des droits humains. Des accusations systématiquement rejetées par les autorités.

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Dans ce contexte, la dissolution de plus d’une centaine d’organisations apparaît comme un signal politique fort de resserrement du contrôle étatique sur les activités de la société civile.

Si le gouvernement met en avant des impératifs de sécurité nationale et de régulation, cette décision soulève déjà des interrogations sur l’espace accordé aux libertés associatives dans le pays. Les organisations ciblées, pour beaucoup engagées sur les questions de gouvernance, de droits humains ou de mobilisation citoyenne, constituent traditionnellement des relais d’expression et de veille démocratique.

À court terme, cette mesure pourrait profondément reconfigurer le paysage associatif burkinabè. À plus long terme, elle pose la question de l’équilibre entre impératifs sécuritaires et préservation d’un espace civique autonome.

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