Aliko Dangote compte démarrer un projet de production d’électricité de 20 000 mégawatts. Le projet dont le calendrier n’est pas connu s’annonce dans un contexte de crise énergétique en Afrique de l’ouest. Il marque également une diversification des activités du groupe Dangote, déjà présent dans le raffinage, le ciment et les engrais.
Le groupe Dangote s’appuie sur une stratégie d’interconnexion entre ses différents secteurs d’activité. Sa raffinerie traite 650 000 barils par jour depuis 2024, tandis que sa production de ciment atteint 52 millions de tonnes à travers 10 pays africains. La raffinerie Dangote permet au Nigeria de modifier durablement sa balance commerciale en devenant exportateur de carburant.
Parallèlement, Aliko Dangote investit massivement dans le secteur des engrais. Le groupe prévoit de porter sa production annuelle d’urée à 12 millions de tonnes d’ici deux ans et demi. Pour soutenir cette croissance, des mines de potasse et de phosphate sont en cours d’ouverture en République démocratique du Congo (RDC) et au Brésil. Une usine est également en construction en Éthiopie, complétée par un projet de port en haute mer en Afrique de l’Ouest.
Résorber la crise énergétique en Afrique de l’ouest
L’électricité représente désormais un complément logique pour alimenter ces infrastructures et stabiliser le marché régional. L’ampleur du projet électrique se mesure à l’aune de la situation actuelle au Nigeria et dans d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest. « Nous allons maintenant vers l’électricité 20 000 mégawatts », a affirmé Aliko Dangote. L’accès à l’énergie reste une priorité absolue pour le développement du continent. « Les besoins les plus urgents de l’Afrique restent l’énergie, les engrais et les intrants industriels », a-t-il précisé.
Le Nigeria dispose aujourd’hui d’une capacité de production d’environ 13 000 mégawatts, un niveau bien inférieur aux besoins réels de la population et des industries. Cette nouvelle offre représenterait une augmentation de plus de 150 % de la capacité disponible sur le territoire et assez pour faire face à la crise énergétique.
Bien que les bases énergétiques et technologiques de cette production n’aient pas été révélées, Aliko Dangote a assuré que « la situation de liquidité reste très solide » pour soutenir ces ambitions. Le groupe indique qu’il dispose des leviers nécessaires pour mobiliser les fonds requis, affirmant notamment : « nous pouvons lever plus d’argent » grâce à la libération de certains actifs.





