Transport aérien : L’Afrique cherche les clés de son marché unique à Lomé

Didier ASSOGBA
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Didier ASSOGBA est journaliste multimédia, consultant médias, enseignant et politologue togolais. Actif depuis 2009, il dirige TogoBreakingNews.info depuis 2014. Diplômé de l’UCAO-Togo et formé à l’ESJ...
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Du 15 au 19 juin 2026, la capitale togolaise accueille la première Convention et Exposition africaines du transport aérien. L’enjeu de cette rencontre continental est de lever les barrières réglementaires et fiscales qui freinent le développement économique et l’intégration du ciel africain.

La cérémonie d’ouverture de cette première convention du transport aérien a été présidée par le président du Conseil du Togo, Faure Gnassingbé, qui assure également le rôle de « Champion » de ce projet d’intégration sous l’égide de l’Union africaine.

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L’événement a réuni un aéropage de dirigeants politiques et d’experts internationaux, parmi lesquels le président rwandais Paul Kagame, l’ancien chef d’État nigérian Olusegun Obasanjo, ainsi que des représentants de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), de l’Association du transport aérien international (IATA) et du Conseil international des aéroports (ACI) Afrique.

Les 4 piliers de la feuille de route topographique

Devant les délégations, le président du Conseil du Togo a exposé quatre orientations stratégiques pour transformer l’espace aérien africain en un véritable moteur de croissance macroéconomique.

D’abord, il a estimé qu’il faut passer des intentions politiques à la réalité technique. En effet, le principal écueil du Marché unique du transport aérien en Afrique (MUTAA) réside dans la lenteur de sa déclinaison pratique. Pour Faure Gnassingbé, les États doivent urgemment harmoniser leurs cadres réglementaires. Cela implique l’alignement des accords de services aériens, la levée des restrictions sur les droits de trafic et l’ouverture effective de corridors aériens prioritaires pour interconnecter les régions de manière fluide.

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Vient ensuite la réduction des coûts pour démocratiser l’accès au ciel. Il est connu de tous que le transport aérien en Afrique reste freiné par des tarifs prohibitifs. Le dirigeant togolais a insisté sur la nécessité de bâtir un écosystème commercial plus compétitif. Cet objectif passe par la modernisation des aéroports, le renforcement des compagnies locales et la rationalisation des taxes sectorielles. Une simplification des formalités administratives est également attendue pour faciliter la mobilité des entrepreneurs, des touristes et des étudiants.

Faure Gnassingbé a suggéré en outre d’articuler l’aviation autour du fret et de la ZLECAF. Sa logique voudrait un dépassement du seul cadre du transport de passagers pour investir massivement dans le fret aérien. Véritable infrastructure économique, le cargo doit devenir le bras armé de la ZLECAF, en s’intégrant dans une approche multimodale reliant les réseaux routiers, ferroviaires et maritimes afin de valoriser les exportations agricoles et industrielles régionales.

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Le président du conseil du Togo évoque enfin le développement d’une industrie aéronautique souveraine et durable. L’ambition ici est de réduire la dépendance technologique du continent vis-à-vis de l’extérieur. L’aviation civile doit être appréhendée comme une filière industrielle à part entière, capable de générer des investissements, de créer des emplois hautement qualifiés pour la jeunesse et de développer des centres de maintenance locaux, tout en intégrant les impératifs de la transition environnementale.

Mettre fin au protectionnisme dans le transport aérien

Les orientations présentées par le président du Conseil togolais ont trouvé un écho favorable auprès des dirigeants présents. Le président rwandais Paul Kagame a d’ailleurs profité de la tribune pour appeler ses pairs à dépasser le stade des discours. « Aucun pays ne peut réussir seul ni prospérer dans la fragmentation. Je continue de penser que nous devons aller au-delà des discussions sur ce qui devrait être fait et nous concentrer davantage sur ce qui doit réellement être accompli. », a-t-il appuyé.

De son côté, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo a salué la régulation et les avancées impulsées par le président du Conseil du Togo dans la mise en œuvre de cette politique d’ouverture, exhortant l’ensemble des institutions à accélérer le mouvement. En reconnaissance de son action, la Commission africaine de l’aviation civile et l’Union africaine ont remis un prix sectoriel au dirigeant togolais.

Pour le Togo, l’accueil de ce sommet du 15 au 19 juin 2026 répond à un intérêt stratégique national bien précis. Le pays entend consolider sa position de hub commercial et logistique en Afrique de l’Ouest. Une ambition qui, comme l’a rappelé Faure Gnassingbé, ne peut se concrétiser que si elle s’intègre dans une dynamique collective visant à interconnecter durablement les économies du continent.

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Didier ASSOGBA est journaliste multimédia, consultant médias, enseignant et politologue togolais. Actif depuis 2009, il dirige TogoBreakingNews.info depuis 2014. Diplômé de l’UCAO-Togo et formé à l’ESJ Lille, il est spécialisé en analyse politique, gouvernance, communication digitale et médias numériques en Afrique de l’Ouest.