Le 16 août 2025, Bamako a accueilli la première du documentaire « Réparations : la dette coloniale », réalisé par le cinéaste sénégalais Ibrahima Sow. Cette œuvre, qui revient sur les crimes coloniaux et propose des mécanismes juridiques pour exiger justice, a mis en lumière une question brûlante : la nécessité pour les peuples africains d’obtenir des réparations des anciennes puissances coloniales.
À travers des images d’archives et des témoignages percutants, le documentaire souligne comment « les puissances coloniales — la France, la Grande-Bretagne, la Belgique, le Portugal, l’Allemagne — ont récolté d’énormes profits sur le sol africain, laissant derrière elles des économies ruinées, des frontières artificielles et des sociétés marquées par la pauvreté ». Ces mots rappellent la profondeur des blessures encore vives sur le continent.
Le film fait écho à des réalités partagées par de nombreux pays, dont le Togo, jadis surnommé « la Côte des esclaves ». Pendant des siècles, des milliers de Togolais ont été arrachés à leurs terres pour alimenter le commerce triangulaire. Cette mémoire douloureuse, inscrite dans la côte atlantique togolaise, alimente aujourd’hui la volonté de réclamer justice.
Une rencontre sur les réparations
Le Togo s’apprête d’ailleurs à accueillir, en décembre 2025 à Lomé, un grand événement panafricain consacré aux réparations. Cette rencontre réunira intellectuels, chercheurs, acteurs politiques et associatifs afin de transformer la réflexion en véritable action collective. Dans ce contexte, la diffusion du film d’Ibrahima Sow constitue une étape essentielle pour nourrir les débats qui auront lieu à Lomé.
La sociologue malienne Aminata Dramane Traoré, citée dans le documentaire, souligne que « la traite transatlantique a contribué à l’accumulation primitive du capital en Europe… Toute l’industrialisation occidentale s’est construite sur le travail des esclaves africains ». Cette réflexion illustre la nécessité de relier le combat pour les réparations non seulement à l’histoire, mais aussi aux injustices économiques actuelles.
Pour les Togolais, comme pour l’ensemble du continent, l’heure n’est plus seulement aux commémorations. Le documentaire rappelle que des instruments juridiques existent pour contraindre les anciennes puissances coloniales à assumer leur responsabilité. Le rendez-vous de Lomé sera donc l’occasion de transformer ces outils en stratégie commune.
Ainsi, en accueillant cet événement continental, le Togo adopte une position dynamique dans le mouvement africain pour la restauration de la justice historique. La première à Bamako renforce cette tendance et prépare le terrain pour que 2025 marque une nouvelle étape dans la lutte panafricaine pour les réparations.
Par Abalo Jonathan
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