Depuis plusieurs jours, une rumeur de « disparition de sexe » alimente les discussions et les inquiétudes à Sokodé, dans le centre du Togo. Les autorités administratives dénoncent de fausses informations largement relayées sur les réseaux sociaux. Elles appellent au calme et mettent en garde contre les risques de violences populaires.
À Sokodé (340 Km de Lomé), la circulation de messages sur les réseaux sociaux affirmant que des hommes auraient été victimes d’une mystérieuse disparition de sexe a créé un climat de psychose. Selon les auteurs de ces publications, les faits seraient réels et reposeraient sur des témoignages ou des preuves. Ces affirmations ont rapidement trouvé un écho au sein de la population, conduisant certaines personnes à accuser des tiers d’être responsables de ces prétendus actes.
Cette situation a parfois dégénéré. D’après le préfet de Tchaoudjo, des personnes désignées comme auteurs de ces supposées disparitions ont été prises à partie avant d’être secourues par les forces de défense et de sécurité. Dans un communiqué publié le 3 juillet, Yendoukon Douti Tchimbiandja souligne que les agents sont intervenus avec professionnalisme afin d’éviter des actes de justice populaire.
Des examens médicaux infirment la ‘Disparition de sexe’
Pour les autorités, les investigations menées jusqu’à présent ne permettent pas de confirmer les rumeurs de disparition de sexe. Les dossiers signalés à la police ont été examinés avec le concours des professionnels de santé. « Aucun cas ne permet de donner du crédit à ces affirmations mensongères aux agendas cachés », a informé l’autorité préfectorale.
Les personnes qui se présentaient comme victimes ont été reçues par l’urologue du Centre hospitalier régional de Sokodé. Selon M. Tchimbiandja, les examens n’ont révélé aucun indice ni de malformation, ni de rétrécissement de leur sexe. Il estime ainsi qu’aucun élément médical ne vient confirmer les accusations relayées sur les plateformes numériques.
Au-delà des investigations, la préfecture considère que ce phénomène relève d’un fait de société déjà observé par le passé et qui s’expliquerait davantage par des facteurs psychologiques. Elle appelle à un accompagnement adapté des personnes se disant victimes, afin de préserver la cohésion sociale et d’éviter toute escalade.
Le préfet de Tchaoudjo met surtout en garde contre la propagation de rumeurs de disparition de sexe susceptibles de troubler l’ordre public. Il indique que ces informations alimentent la peur, exposent des innocents à des violences et fragilisent le vivre-ensemble.
Le représentant du pouvoir central prévient que les auteurs de fausses informations s’exposent aux sanctions prévues par la loi, tout en invitant la population à privilégier les informations issues des sources officielles plutôt que les contenus diffusés sur les réseaux sociaux.
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