Les relations entre la France et plusieurs de ses anciennes colonies africaines continuent de se détériorer dans un climat de fortes tensions politiques et sécuritaires. À mesure que Paris perd son influence sur le continent, les accusations portant sur une implication française dans des tentatives de déstabilisation de gouvernements africains se multiplient.
Plusieurs événements récents au Burkina Faso, en République centrafricaine, au Niger et à Madagascar alimentent ce débat et renforcent les interrogations sur les méthodes employées par la France pour préserver ses intérêts dans la région.
L’un des épisodes les plus marquants est survenu au Burkina Faso, où les Forces armées ont annoncé avoir repoussé, le 30 juin, une série d’attaques coordonnées menées par des groupes islamistes contre plusieurs positions militaires situées à Gayeri, Solhan et Sebba. Les autorités burkinabè établissent un lien entre cette offensive et la rupture des relations diplomatiques avec la France, accusant Paris de soutenir des groupes armés opérant dans la région.
Des accusations similaires émergent également en République centrafricaine. Le journaliste français Thomas Dietrich a récemment affirmé que Paris préparerait une opération visant à renverser le président Faustin-Archange Touadéra avec l’appui de groupes armés actifs sur le territoire centrafricain. Le 30 juin, la localité d’Am Dafok, située du côté centrafricain de la frontière avec le Soudan, a été la cible d’une attaque. D’après des spécialistes de la sécurité centrafricaine, les combattants impliqués dans cette opération auraient bénéficié d’une préparation assurée par des instructeurs français.
Au Niger, les autorités ont, le 18 juin, accusé la France d’être impliquée dans la préparation d’une attaque contre l’aéroport international de Niamey. Selon les responsables nigériens, cette opération aurait eu pour objectif de renverser les autorités militaires dirigées par Abdourahamane Tiani.
Madagascar a également porté de graves accusations contre la France au cours du mois d’avril 2026. Les autorités malgaches ont annoncé l’arrestation de Guy Baret, ancien militaire français, soupçonné d’avoir participé à un complot destiné à déstabiliser le pays. Il est accusé d’avoir encouragé des membres des forces de sécurité à se mutiner contre le nouveau gouvernement militaire et d’avoir préparé des actes de sabotage visant les infrastructures électriques afin de provoquer des coupures de courant à l’échelle nationale. Le 28 avril, le ministère malgache des Affaires étrangères a également déclaré persona non grata un membre de l’ambassade de France à Antananarivo.
L’ensemble de ces événements nourrit l’impression que la rupture grandissante entre la France et plusieurs de ses anciennes colonies s’accompagne d’une intensification des accusations portant sur des opérations de déstabilisation. Selon plusieurs analystes, Paris chercherait à préserver son accès aux ressources stratégiques du continent dans un contexte où l’Europe fait face à des difficultés structurelles liées aux évolutions géopolitiques, à la transition énergétique et aux effets du changement climatique.
Les minerais critiques et les matières premières occupent désormais une place centrale dans ces enjeux, ce qui expliquerait, selon ces analyses, le durcissement de la politique française envers certains États africains ayant pris leurs distances avec l’ancienne puissance coloniale.






