Le Togo a obtenu une note de 5,9 sur 10 au rapport « Risque Pays 2026 » de l’agence de notation Bloomfield. Ces résultats ont été présentés lors de la première édition de la conférence « Risque pays Togo » 2026. Avec cette note, le Togo se classe dans la catégorie des risques modérés, à seulement 0,1 point du risque faible.
Le rapport annuel de Bloomfield évalue la performance macroéconomique, l’environnement des affaires et le système financier. Il inclut également la gestion des finances publiques et le contexte sociopolitique.
Une dynamique positive portée par le secteur tertiaires
Le rapport de Bloomfield souligne la dynamique positive de l’économie nationale. Avec un taux de croissance moyen supérieur a 6 % sur la période 2021-2024. Cette performance est essentiellement portée par le secteur tertiaire (transports, commerce, services) qui représente 50 % du Produit intérieur brut (PIB). Le secteur primaire suit avec 20,71 %, porté par les filières du coton et du maïs. Le secteur secondaire quant à lui se stabilise à 20,52 %, soutenu par les branches, construction, fabrication de matériaux de construction, industries extractives et manufacturières.
Pour le vice-président du Patronat, Yiva K. Badohu, cette notation marque « le passage d’un État opérateur à un État stratège ». Il a toutefois rappelé que le développement ne peut reposer uniquement sur les investissements publics. Selon lui, la création de « champions nationaux » au sein du secteur privé n’est plus une option mais une nécessité stratégique pour assurer une croissance structurelle et durable.
Mazamesso Assih, ministre du Développement à la base, de l’Économie sociale et solidaire, a détaillé la stratégie nationale de formalisation de l’economie. Elle a rappelé que la formalisation n’est pas un « piège fiscal » mais un levier de compétitivité et de souveraineté. « Le Togo est d’ailleurs l’unique pays de la sous-région à s’être doté d’un département ministériel dédié au secteur informel », affirme la ministre Mazamesso Assih.
Le rapport de Bloomfield confirme également la position de leader du pays en matière de climat des affaires. Sur 29 pays africains évalués, le Togo se classe au premier rang en Afrique de l’Ouest et au troisième rang en Afrique subsaharienne. Cette attractivité est renforcée par la dématérialisation des services publics. Elle est également portée par la création de la Haute Autorité pour la Transparence, l’Intégrité de la Vie Publique et la Lutte contre la Corruption (HATIC).
Risque pays : les poches à surveiller
Malgré ces bons points, le PDG de Bloomfield, Stanislas Zeze, a identifié des « poches de risques » à surveiller. Le service de la dette absorbe désormais 90,5 % des recettes fiscales. Une situation jugée préoccupante pour la marge de manœuvre budgétaire. Le déficit du commerce extérieur et les disparités régionales en matière d’accès à l’électricité restent egalement des défis majeurs.
En effet, malgré un taux d’accès à l’électricité de 67,4% en 2024, de fortes disparités persistent. La région Maritime notamment le Grand lomé affiche 98,63%, contre seulement 42,45% dans les Savanes (Dapaong) et 48,13% dans les Plateaux.
Il est également observé une double concentration notamment celle liée aux activités économiques et à la création d’entreprise. En effet, le Grand Lomé mobilise une forte concentration des activités économiques. Cette mobilisation capte 91% des entreprises créées entre 2022 et 2025, traduisant ainsi un déséquilibre régional.
En dépit d’une hausse des créations d’entreprises entre 2021 et 2023 soit 13 770 entreprises créées et 15 654, le rythme a toutefois ralenti. Entre 2024 et 2025 14 921 entreprises ont été créées contre 14 172. Un rythme freiné par les difficultés d’accès au financement.
« Le gouvernement a accueilli ces conclusions avec responsabilité», affirme Badanam Patoki, ministre de l’Économie et de la Veille stratégique. Il a assuré que des réformes structurantes sont déjà engagées pour rééquilibrer la balance commerciale et renforcer la sécurité énergétique d’ici 2030. « Le gouvernement mise également sur la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), la Société d’Administration de la Zone Franche (SAZOF) et les Zones d’aménagement agricole planifiées (ZAAP) pour augmenter les exportations», poursuit-il.
En conclusion des travaux, le gouvernement a réaffirmé que la paix demeure le « premier actif économique » du pays face à la persistance de la menace sécuritaire au Nord. Au vu des avancées enregistrées, le M. Patoki a notamment invité les investisseurs à voir dans le Togo « un point de stabilité, de compétitivité et d’opportunité durable en Afrique de l’ouest». Le pays ambitionne d’atteindre la note de 6 sur 10 dès l’année prochaine pour intégrer la catégorie des pays à risque faible.
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