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Epé-Ekpé 2026 : Des tensions signalées à Glidji

Didier ASSOGBA
3 Min Read

Dans la préfecture des Lacs, la préparation de la 363ᵉ édition de la prise de la pierre sacrée (Epé-Ekpé) s’ouvre sur fond de tensions. Réunis le 2 avril à Glidji pour fixer le calendrier de cette cérémonie majeure du peuple Guin, dignitaires traditionnels et acteurs locaux se sont quittés sans consensus. Une situation qui révèle des fractures persistantes au sein des autorités coutumières.

Au cœur des dissensions, une correspondance du régent Asafo Atsè Kangni Folly-Bebe, datée du 30 mars, désignant le prêtre koley Nii Mantchè pour conduire le rituel central dans la forêt sacrée. Une décision contestée par une partie des prêtres et notables, qui y voient une remise en cause des équilibres traditionnels.

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Contestation au sein du corps traditionnel

Très vite, la réunion préparatoire a viré à la confrontation, d’après Icilome. Plusieurs dignitaires accusent le régent de partialité dans le choix des officiants rituels. Une situation qui alimente un sentiment d’exclusion parmi certaines figures influentes du culte.

La contestation s’est traduite par une mobilisation visible. Prêtres et adeptes, vêtus de rouge (couleur associée à la protestation dans les rites traditionnels) ont exigé la démission du régent. Certains vont plus loin, appelant à l’installation d’un roi, perçu comme une autorité plus légitime pour arbitrer les différends.

Ces tensions traduisent une crise de gouvernance au sein des institutions traditionnelles locales, où la question de la légitimité reste centrale.

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Epé-Ekpé et les tensions latentes

L’épisode rappelle celui de 2016, lorsque des désaccords similaires avaient dégénéré dès les phases préparatoires. Cette année-là, la pierre sacrée s’était achevée dans un climat de violence, marqué par des affrontements et l’intervention des forces de l’ordre. Ce précédent alimente aujourd’hui les inquiétudes quant à la capacité des acteurs à préserver le caractère sacré et apaisé de la cérémonie.

La fête Épé-Ékpé, prévue entre août et septembre 2026, revêt une importance symbolique majeure. Elle marque le Nouvel An du peuple Guin et constitue un moment de communion entre les différentes composantes de la communauté.

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Son inscription en 2025 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO a renforcé sa visibilité internationale, mais aussi les exigences en matière de préservation de son intégrité.

Dans ce contexte, les tensions actuelles dépassent le simple cadre local. Elles interrogent la capacité des autorités traditionnelles à gérer les équilibres internes tout en répondant aux attentes liées à la reconnaissance internationale.

À mesure que l’échéance approche, l’enjeu sera d’éviter une escalade susceptible d’altérer l’image de Epé-Ekpé. Car derrière les rivalités de pouvoir se joue aussi la crédibilité d’un patrimoine désormais inscrit dans une dimension universelle.

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