C’est ce jeudi 28 mai que devrait démarrer la Convention de la Renaissance Africaine à Lomé. Alors que tout a été fin prêt pour le bon déroulement de cette rencontre continentale, le ministère en charge de la décentralisation a mis un embargo sur la tenue de l’événement. Un courrier envoyé aux organisateurs évoque des raisons liées à l’existence juridique de l’Institut Panafricain pour la Réhabilitation Alternative (ITRA).
La décision des autorités togolaises a surpris organisateurs et participants à quelques heures de l’ouverture officielle. Selon le courrier officiel daté du 26 mai 2026 et signé par le secrétaire général du ministère de l’Administration territoriale, la Convention ne peut se tenir en l’état. En cause, une irrégularité administrative concernant l’organisation porteuse de l’événement.
Dans cette correspondance adressée au pasteur Edoh Komi, principal organisateur, le ministère reconnaît avoir reçu une notification préalable annonçant la tenue de la Convention. Celle-ci devait rassembler plusieurs acteurs venus du continent autour des thématiques liées à la renaissance africaine.
Mais après examen du dossier, les autorités estiment que l’Institut Panafricain pour la Réhabilitation Alternative (IPRA/ITRA), bien qu’ayant fait l’objet d’un enregistrement administratif le 13 mai 2026, ne dispose pas encore du récépissé officiel lui conférant une existence juridique pleine et entière.
« Après examen de votre dossier, il ressort que l’association susmentionnée, bien qu’ayant fait l’objet d’un enregistrement le 13 mai 2026 sous le numéro 0367, n’a pas encore obtenu le récépissé de déclaration qui lui confère la personnalité juridique et l’existence légale conformément aux dispositions en vigueur relatives au contrat d’associations », a écrit Esso Koudjoou, le secrétaire général du ministère en charge de la décentralisation.
Litige juridique autour de la Convention de la Renaissance Africaine
Selon les dispositions en vigueur au Togo en matière d’associations, l’obtention du récépissé de déclaration est indispensable pour conférer une personnalité juridique à une organisation.
Or, dans le cas de l’ITRA, les autorités indiquent clairement que cette étape n’est pas encore franchie. En conséquence, l’organisation ne peut, juridiquement, mener des activités publiques d’envergure, encore moins une rencontre internationale.
« Aucune suite favorable ne peut être réservée à votre demande à ce stade de la procédure », précise le document officiel, fermant ainsi la porte à toute tenue immédiate de l’événement.
Cette décision s’inscrit dans une logique de respect strict du cadre légal, mais elle soulève également des interrogations sur le timing d’un tel refus, intervenant à la veille de l’événement.
Du côté des organisateurs, cette décision risque d’entraîner des pertes importantes, tant sur le plan logistique que financier. Plusieurs participants se retrouvent dans l’incertitude.
Au-delà de l’aspect organisationnel, c’est aussi la portée symbolique de la Convention qui est affectée. Présentée comme une plateforme de réflexion et de mobilisation panafricaine, la rencontre ambitionnait de réunir des leaders d’opinion, des acteurs de la société civile et des chercheurs autour de solutions africaines aux défis du continent.
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