L’incarcération d’Affectio, l’activiste SOKPOR Kossi Sitsopé Honoré, depuis le 4 mai dernier, suscite une vague d’indignation internationale. Accusé d’atteinte à la sûreté de l’État pour avoir photographié des infrastructures publiques, son cas est dénoncé par un collectif d’organisations de défense des droits humains comme le symbole d’une dérive judiciaire ubuesque et répressive.
L’affaire prête à sourire par son absurdité, si elle ne cachait pas une réalité humaine et politique tragique. Au Togo, l’exercice du contrôle citoyen peut désormais mener tout droit aux cellules de la prison civile de Lomé, sous les chefs d’inculpation gravissimes d’« atteinte à la sûreté de l’État » et de « divulgation du bien de l’État ».
Dans un communiqué conjoint d’une rare fermeté, un collectif de poids d’organisations de défense de droits humains a exprimé sa « profonde indignation » face au traitement infligé à SOKPOR Kossi Sitsopé Honoré, plus connu sous son nom d’engagement « Affectio ». Ce regroupement comprend l’ACAT-France, la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), ainsi que les mouvements Tournons la Page (international et Togo) et le CDFDH,
Incarcération d’Affectio : un acte citoyen criminalisé
Arrêté le 24 avril 2026, l’activiste a été formellement écroué le lundi 4 mai après une garde à vue ayant largement dépassé les délais légaux. Son tort ? Avoir pris des clichés d’un caniveau. Ces ouvrages publics, destinés à lutter contre les inondations récurrentes qui frappent la capitale togolaise, faisaient l’objet d’une évaluation dans le cadre du Contrôle Citoyen de l’Action Publique (CCAP). Une démarche transparente visant à s’assurer de la bonne exécution des chantiers financés par les deniers publics.
Pour les organisations signataires, la réponse de l’appareil sécuritaire togolais est disproportionnée et révèle une paranoïa institutionnelle rampante. La détention prolongée d’Affectio avant sa présentation à un juge constitue, selon les ONG, un abus d’autorité caractérisé.
Les Organisations de défense des droits humains dénoncent également des faits de tortures, d’étranglement, de brutalités et de blessures physiques lors de son interpellation.
En validant la procédure malgré ces violences, la justice togolaise est accusée par les signataires de « protéger les agresseurs et de punir les victimes », installant un climat d’insécurité pour l’ensemble des citoyens.
Les tribulations politiques d’un citoyen ciblé
Ce nouvel épisode judiciaire ne peut se lire sans un retour en arrière, tant le profil d’Affectio semble irriter. Ce citoyen engagé n’en est pas à son premier face-à-face avec la rigueur de l’appareil répressif.
En 2025, Affectio avait déjà passé près d’un an derrière les barreaux. Le motif de sa détention de l’époque relevait déjà d’une interprétation pour le moins extensive du code pénal. La publication d’un simple poème engagé intitulé « Fais ta part ». Cette œuvre, qui appelait chaque Togolais à prendre ses responsabilités face à l’avenir du pays, avait suffi à l’envoyer en prison pour de longs mois.
À peine libéré de cette première épreuve, l’homme s’était réinstallé à Agoè pour poursuivre ses activités de veille sociétale, refusant de céder à l’intimidation. Le passage de la poésie à la photographie d’infrastructures sanitaires marque, selon les observateurs, une étape supérieure dans le harcèlement ciblé des militants de la société civile.
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