La médecine traditionnelle sera à l’honneur à Lomé en août prochain à travers les Awards des Praticiens de la Médecine Traditionnelle de l’Afrique de l’Ouest (APMTAO). L’initiative de l’Organisation des Chercheurs et Médecins, section Togo, entend valoriser les acteurs du secteur. L’événement réunira praticiens, chercheurs et autorités autour des enjeux de la souveraineté sanitaire africaine.
APMTAO est prévu à Lomé le 7 août prochain. Cette rencontre vise à reconnaître le rôle joué par les praticiens traditionnels dans l’offre de soins au sein des pays ouest-africains.
« Il est question pour nous de célébrer nos héros dans le domaine de la santé et ce sont les praticiens de la médecine traditionnelle qui assurent 80 % de nos besoins en santé », affirme Senam K. Bedi-Djinekou.
Le coordinateur national de l’organisation estime que malgré leur contribution importante à la prise en charge des populations, les praticiens de la médecine traditionnelle demeurent insuffisamment considérés dans les politiques publiques de santé.
Les distinctions seront décernées à des praticiens justifiant d’au moins dix années d’expérience, disposant de centres de traitement traditionnel, de couvents ou encore ayant développé des médicaments traditionnels améliorés déjà consommés par les populations.
Valorisation de la médecine traditionnelle
Cette édition mettra également en lumière le Burkina Faso, désigné pays invité d’honneur. Un choix que les organisateurs justifient par les efforts entrepris par ce pays en faveur de la valorisation de la médecine traditionnelle et de l’autonomie sanitaire africaine.
La promotion 2026 portera ainsi le nom d’« Ibrahim Traoré ». Pour les responsables de l’événement, cette décision s’inscrit dans une volonté de mettre en avant les initiatives favorisant la souveraineté sanitaire du continent.
Au-delà de la cérémonie de remise des distinctions, plusieurs activités sont annoncées. Des prestations culturelles, des expositions ainsi que des espaces de vente de médicaments traditionnels améliorés permettront aux participants de découvrir le savoir-faire de praticiens venus de différents pays d’Afrique de l’Ouest.
Si la médecine traditionnelle continue de gagner du terrain auprès des populations, elle reste confrontée à plusieurs obstacles. Le principal défi, selon M. Bedi-Djinekou demeure le cadre légal qui encadre la profession.
« Le premier défi est juridique. Il faut savoir qui est le praticien de la médecine traditionnelle et quelle est sa place dans la société », explique-t-il. Le coordinateur plaide pour une révision des textes existants afin de mieux définir le statut des praticiens et les conditions d’exercice de leurs activités.
Les organisateurs estiment qu’une clarification juridique permettrait de renforcer la crédibilité du secteur, de protéger les savoirs hérités des générations passées et d’encourager leur transmission.
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