Adoptée en séance plénière à l’Assemblée nationale, la nouvelle loi encadrant les partis politiques au Gabon marque un tournant dans le processus de refondation engagé depuis la chute d’Ali Bongo, le 30 août 2023. Fruit des travaux du Comité ad hoc institué par décret présidentiel le 14 mai dernier, le texte ambitionne de restructurer en profondeur un paysage politique jugé à bout de souffle.
Avec plus d’une centaine de partis politiques recensés, souvent sans programme ni base militante, la scène gabonaise donnait jusque-là l’image d’un pluralisme formel mais peu crédible. Le nouveau cadre légal impose désormais des conditions strictes : au moins 9 000 membres, une implantation effective dans six des neuf provinces, un fonctionnement démocratique transparent, une traçabilité des financements et la tenue régulière de congrès.
Ces mesures visent, selon les autorités, à éliminer les coquilles vides et à professionnaliser le jeu politique. « Il ne s’agit pas de restreindre la démocratie, mais de lui donner des fondations solides », a défendu un député proche du pouvoir à l’issue du vote.
Les critiques ne manquent pourtant pas. Des voix s’élèvent contre un texte perçu comme élitiste et potentiellement excluant pour les partis politiques émergents ou à ancrage local. Le débat reste vif, même si la majorité parlementaire y voit un « assainissement salutaire ».
Avant de devenir applicable, la loi doit encore passer devant le Sénat, puis être promulguée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, artisan de cette transition politique. Une fois en vigueur, elle ouvrira une séquence de réenregistrement des partis, sous surveillance étroite.
Le pluralisme politique n’est pas aboli au Gabon, affirment les défenseurs du texte, mais il devra désormais s’inscrire dans un cadre organisé, crédible et représentatif. Une manière, espère le pouvoir, de tourner définitivement la page des partis politiques vitrines sans projet ni vision.
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