Dans la nuit du 3 janvier, les forces de défense et de sécurité du Burkina Faso ont annoncé avoir neutralisé une tentative de coup d’État visant le capitaine Ibrahim Traoré, président de la Transition. Selon le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, les services de renseignement ont intercepté des communications entre militaires en activité et chefs de groupes armés, prévoyant une offensive autour de 23 h GMT.
Le plan des putschistes, qualifié de « grand complot » par les autorités, visait à décapiter le dispositif de défense en assassinant le commandant de la base de drones, puis à infiltrer des mercenaires et des groupes terroristes pour s’emparer d’infrastructures stratégiques.
Les investigations ont révélé que le cerveau présumé du complot était basé à Lomé, au Togo, et que l’ancien président de la Transition, Paul‑Henri Sandaogo Damiba, était soupçonné d’avoir orchestré l’opération depuis l’étranger.
Une dizaine d’officiers et sous‑officiers ont été interpellés, dont le commandant Ouedraogo Frédéric et le capitaine Élysée Tassembedo, chef du groupement des forces de sécurité du Nord. D’autres suspects auraient fui vers Abidjan, renforçant les accusations des autorités burkinabè selon lesquelles la Côte d’Ivoire servirait de base arrière aux putschistes.
Un complot régional contre le Burkina Faso ?
Cette tentative intervient alors que le Burkina Faso lutte contre une insécurité persistante liée aux groupes terroristes du Sahel. Le ministre Sana a rappelé que le pays avait déjà déjoué un complot en septembre 2024, impliquant d’anciens hauts responsables et des puissances étrangères. Les autorités évoquent également des liens avec des mercenaires européens et des cellules terroristes, soulignant la dimension régionale du danger.
Le gouvernement a appelé la population à la vigilance et à signaler toute activité suspecte. Le Conseil national de sécurité d’État, dirigé par le commandant Oumarou Yabré, a déclaré que le réseau avait été neutralisé avant même qu’il ne prenne forme, grâce à une action rapide des services de renseignement.
Les organisations de défense des droits humains dénoncent des arrestations jugées « extrajudiciaires » et appellent au respect des procédures légales. De leur côté, les partisans du régime voient dans ces opérations une preuve de la détermination du pouvoir à protéger la transition et à lutter contre les forces déstabilisatrices.
Le Burkina Faso reste donc sous haute surveillance, tandis que les autorités cherchent à concilier la lutte contre le terrorisme avec le respect des droits fondamentaux dans un climat politique déjà très tendu.







