Les chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES) ont tenu la 2e session ordinaire de leur Collège mardi à Bamako (Mali). À l’issue des travaux, le général d’armée Assimi Goïta a transmis la présidence de la confédération au capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso, pour un mandat d’un an. Une séquence politique solennelle qui marque l’entrée de l’AES dans son An II, placé sous le signe de la continuité institutionnelle et de l’affirmation stratégique.
Autour du président de la transition malienne étaient présents le président burkinabè fraîchement investi et le général Abdourahamane Tiani, président du Niger. Ensemble, les trois dirigeants ont validé un communiqué final dense de 38 points, dessinant les priorités politiques, sécuritaires et économiques de la Confédération pour l’année à venir.
An I : Assimi Goïta et les fondations confédérales
Les chefs d’État ont unanimement dressé un bilan jugé positif de la première année de fonctionnement de l’AES, sous la présidence du général Assimi Goïta. Cette phase inaugurale a été marquée par des avancées institutionnelles majeures, destinées à donner une identité propre et une visibilité accrue à l’espace confédéral.
Parmi les acquis cités figurent l’adoption des symboles officiels — logo, drapeau et hymne —, la mise en place de documents d’identité et de voyage confédéraux, ainsi que le lancement annoncé d’une télévision et d’une radio AES. À cela s’ajoute la création de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES), pensée comme un outil central du financement endogène et souverain des projets structurants.
Autant de jalons qui, selon les dirigeants, ont permis de crédibiliser la Confédération sur la scène régionale et internationale, tout en consolidant son architecture interne.
Sans surprise, la question sécuritaire s’est imposée comme le cœur des discussions. Face à la persistance des menaces terroristes et aux défis transfrontaliers, les chefs d’État ont réaffirmé leur détermination à mutualiser leurs efforts.
Décision phare de cette session : le lancement officiel de la Force unifiée AES (FU-AES). Cette force conjointe doit permettre une coordination plus rapide et plus efficace des opérations militaires entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, avec pour objectif affiché de restaurer durablement la sécurité dans l’espace confédéral.
Dans le même temps, le Collège a condamné ce qu’il qualifie de tentatives de déstabilisation externes, y compris sous des formes économiques et médiatiques. Il a appelé à un renforcement de la communication institutionnelle et de la lutte contre la désinformation, tout en plaidant pour une coopération judiciaire et diplomatique accrue.
An II : Ibrahim Traoré pour la continuité
En acceptant la présidence confédérale, le capitaine Ibrahim Traoré a rendu hommage à son prédécesseur et au rôle moteur du Mali dans la construction de l’AES. Il a inscrit son mandat dans la continuité des actions engagées, tout en mettant l’accent sur une dimension jugée déterminante : le rapprochement concret entre les peuples des trois États membres.
La feuille de route de l’An II entend ainsi consolider les acquis institutionnels tout en renforçant l’appropriation populaire du projet confédéral, condition essentielle de sa pérennité. Sur le plan économique, les chefs d’État ont salué l’opérationnalisation du Prélèvement confédéral (PC-AES) et de la BCID-AES, considérés comme des leviers clés pour financer, sans dépendance excessive, les priorités de développement.
Ils ont appelé à une convergence renforcée des politiques publiques dans des secteurs stratégiques tels que les douanes, les mines, l’industrie, les transports et l’investissement. La libre circulation des personnes et des biens, ainsi que la valorisation des ressources naturelles au bénéfice direct des populations, ont été réaffirmées comme des objectifs centraux.
Une attention particulière a également été portée à l’implication des jeunes et des femmes, perçus comme des acteurs incontournables de la refondation économique et sociale de l’espace AES.
L’AES en quête de consolidation
Sur le front diplomatique, les dirigeants ont acté les progrès réalisés grâce à une coordination étroite des positions au niveau international. Les États membres se sont engagés à défendre des positions communes dans les enceintes régionales et mondiales, tout en soutenant prioritairement les candidatures issues de l’espace AES.
Le rôle stratégique de la diaspora a également été mis en avant, avec un appel à une mobilisation accrue de celle-ci dans les domaines de la communication, de l’influence et du développement.
La session s’est conclue par un hommage aux victimes civiles et militaires du terrorisme, ainsi que par un appel à renforcer la promotion des droits de l’homme et la coopération judiciaire, tant à l’intérieur de la Confédération qu’avec les partenaires extérieurs.
En clôturant les travaux, le général Assimi Goïta a salué un transfert de présidence « harmonieux » et félicité le capitaine Ibrahim Traoré pour sa prise de fonction. Les chefs d’État ont, enfin, exprimé leur gratitude au Mali pour l’accueil réservé à cette rencontre.
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