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Baromètre 2025 : le PPT pointe intimidations et autocensure dans les médias

Anselme AVI
5 Min Read

Le Patronat de la Presse Togolaise (PPT) a présenté mercredi le baromètre 2025 de la liberté de la presse au Togo. Le document dresse un état des lieux du climat médiatique entre 2023 et 2025 ainsi qu’au cours du premier semestre 2026. Si le rapport note une légère amélioration par rapport aux années précédentes, notamment à la sombre période de 2021, il met également en lumière la persistance de nombreuses entraves à l’exercice du métier de journaliste au Togo.

Le PPT relève qu’aucune suspension de parution, retrait de récépissé ou affaire d’espionnage de journalistes via des logiciels comme Pegasus n’a été enregistrée sur la période étudiée. Toutefois, les intimidations, interpellations, agressions physiques, menaces et poursuites judiciaires continuent de peser lourdement sur les professionnels des médias. Une situation qui favorise dans plusieurs rédactions une autocensure grandissante, particulièrement au sein des organes critiques du pouvoir.

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Dans le baromètre 2025

Le rapport rappelle néanmoins que le Togo a gagné des places dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, passant de la 121e position en 2025 à la 97e en 2026. Une progression que le PPT juge toutefois relative, estimant que les formes de pression contre la presse ont davantage changé qu’elles n’ont disparu.

Le rapport revient sur plusieurs affaires ayant marqué les 3 dernières années. Parmi elles figurent les menaces de mort subies en février 2026 par Roger Amemavoh du média « Capture Média » après une enquête foncière à Latékopé. De même que l’interpellation en juin 2025 de la journaliste de Tv5 Monde, Flore Monteau, lors de manifestations à Lomé, ou encore la suspension de Radio France Internationale et France 24 par la HAAC pour diffusion de contenus jugés « inexacts et biaisés ».

Le PPT évoque aussi plusieurs procédures judiciaires engagées contre des organes de presse et des journalistes, notamment le journal Tampa Express, Actu Express ou encore les journalistes Loïc Lawson et Anani Sossou, poursuivis pour diffamation après des publications sur les réseaux sociaux. Le rapport cite également des cas d’agressions physiques contre des journalistes lors d’activités politiques, des redressements fiscaux visant certains médias privés ainsi que l’expulsion du journaliste français Thomas Dietrich après son arrestation en avril 2024.

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Plaidoyer du PPT

Face à cette situation, le PPT lance un plaidoyer en faveur de l’abrogation des peines privatives de liberté contenues dans le Code de la presse et de la communication en préparation.

Selon Honore Adontui, président du PPT, les journalistes devraient être jugés exclusivement sur la base du Code de la presse et non du Code pénal, conformément au principe selon lequel « la loi spéciale prime sur la loi générale ».

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“Le PPT critique particulièrement certaines dispositions des articles 3, 5 et 156 du Code de la presse de 2020, qui excluent les réseaux sociaux du champ d’application du texte et permettent de poursuivre des journalistes selon le droit commun lorsqu’ils utilisent les plateformes numériques. Ces dispositions ne sont plus adaptées à l’ère numérique où les réseaux sociaux constituent désormais des outils essentiels de travail pour les médias”, a fait savoir M. Adontui.

L’organisation dénonce également les lourdes amendes prévues par le Code de la presse, pouvant atteindre plusieurs millions de francs CFA.

Pour le PPT, ces sanctions financières représentent une menace sérieuse pour la survie économique des médias privés togolais déjà fragilisés par la précarité du secteur.

L’organisation patronale demande aussi l’adoption du décret d’application de la Convention de Florence et du protocole de Nairobi afin de réduire les coûts des intrants d’imprimerie et du matériel de production médiatique.

Tout en réaffirmant son engagement pour une presse libre, le PPT appelle également les journalistes togolais à davantage de professionnalisme et d’autocritique.

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