Le Bénin a lancé le 21 mai dernier, la phase opérationnelle d’une campagne pilote dédiée à la péridurale en obstétrique. Cette initiative vise à vulgariser cette méthode médicale qui supprime la douleur des contractions tout en maintenant la patiente consciente. Alors que le projet prend corps chez le voisin béninois, la pratique reste encore limitée au Togo.
La péridurale est une technique d’anesthésie locorégionale. Elle est spécifiquement utilisée pour atténuer ou supprimer les douleurs ressenties par la femme enceinte pendant le travail et l’accouchement. Elle consiste à introduire un tube très fin, appelé cathéter, dans l’espace péridural situé au niveau de la colonne vertébrale, précisément entre deux vertèbres lombaires.
Par ce cathéter, le médecin anesthésiste injecte un produit analgésique. Ce produit bloque la transmission des signaux douloureux provenant de l’utérus. Ceci, sans altérer les contractions utérines ni modifier la conscience de la future mère. La femme enceinte reste éveillée, conserve ses sensations de poussée et peut participer pleinement à la naissance de son enfant.
L’initiative béninoise se déroulera du 21 au 28 mai 2026. Elle cible l’information des femmes enceintes et le renforcement des compétences du personnel médical. Le lancement officiel est prévu au Centre hospitalier universitaire de la mère et de l’enfant Lagune (CHUMEL) de Cotonou.
Au total, cinq hôpitaux du Bénin participerent à cette phase d’expérimentation. Durant cette période, 50 femmes arrivées à terme bénéficieront gratuitement de cette prise en charge.
La péridurale obstétricale encore marginal au Togo
Au Togo, les pratiques de la péridurale obstétricale sont encore peu répandues. En 2014, une étude expérimentale d’une durée de 5 mois a permis de la pratiquer auprès de 20 parturiente au CHU Sylvanus Olympio. Des études médicales menées par des services d’anesthésie-réanimation locaux ont toutefois démontré son efficacité et sa sécurité sur ses groupes de parturientes volontaires.
Cependant, la vulgarisation de la péridurale obstétricale à l’ensemble des femmes enceintes se heurte à plusieurs contraintes. L’indisponibilité en ressources humaines et le manque de matériels freinent sa vulgarisation. En effet, le manque de matériel spécifique, tel que les pousse-seringues électriques ou les pompes d’analgésie contrôlée par la patiente figure au rang de ces contraintes. Aussi, le déficit en personnel anesthésiste qualifié disponible en salle de travail constitue le second frein à l’extension de cette offre de soin dans les maternités publiques au Togo.
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