À l’Université de Lomé, 83 enseignants-chercheurs ont observé jeudi un sit-in pour exiger la signature de leurs décrets de nomination. Promus au grade de professeurs titulaires depuis 2021, ils affirment être toujours en attente d’une régularisation administrative. Leur mouvement a d’abord débuté par une marche sur le campus avant de se transformer en rassemblement au grand point universitaire.
Les manifestants ont entamé leur action par une marche à l’intérieur du campus de l’Université de Lomé, avant de rejoindre un point de regroupement central où ils ont installé un sit-in. Leur principale revendication porte sur la signature du décret de leur nomination, une étape administrative jugée indispensable pour accéder pleinement aux droits statutaires, financiers et professionnels liés à leur grade.
Selon eux, bien que leur promotion au grade de professeur titulaire ait été actée par les instances compétentes du CAMES depuis 2021, la procédure de nomination n’a toujours pas été finalisée par les autorités administratives. Ils estiment que ce retard crée une situation de précarité pour des enseignants déjà reconnus sur le plan académique.
La démarche des enseignants-chercheurs
Les manifestants ciblent à la fois les autorités universitaires, le ministère de l’Enseignement supérieur et, au-delà, les plus hautes autorités de l’État. Pour eux, la situation ne peut plus se résoudre à un simple blocage administratif et nécessite une intervention au sommet.
« La signature des décrets de nomination relève de la compétence du président du conseil », a soulevé Prof Yao Agbossoumonde. Il exprime également son inquiétude face aux conséquences de ces lenteurs administratives sur les carrières universitaires.
« Plusieurs enseignants quittent la fonction publique sans avoir bénéficié de la reconnaissance administrative correspondant à leur grade » a déploré le géologue à la Faculté des sciences
Au-delà de la seule question des décrets, les enseignants dénoncent un dysfonctionnement plus large dans la gestion des carrières académiques.
Prof Mafobatchi Nantob, titulaire en sociologie urbaine et du changement social, souligne une inégalité de traitement par rapport à d’autres pays africains. Il estime que les enseignants promus ailleurs bénéficient immédiatement de leurs droits, contrairement à ceux du Togo, confrontés à des délais prolongés.
Pour les 83 enseignants-chercheurs mobilisés, la signature des décrets de nomination n’est pas une formalité secondaire, mais un acte fondateur de reconnaissance administrative et professionnelle. En attendant une réaction officielle des autorités, ils n’excluent pas de maintenir la pression afin d’obtenir une issue favorable à leur revendication.
Rejoignez notre chaîne WhatsApp pour ne rien rater !






