Du 29 juin au 3 juillet 2026 un atelier régional de formation sera consacré aux statistiques du handicap dans les États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Les travaux qui ont débuté lundi 29 juin réunissent des experts, spécialistes ainsi que plusieurs partenaires. La rencontre vise à renforcer la production et l’analyse de données fiables sur le handicap afin d’améliorer les politiques publiques d’inclusion dans la sous région.
Pendant cinq jours, les participants approfondiront leur compréhension des questionnaires standardisés utilisés pour mesurer le handicap, notamment ceux issus du Groupe de Washington et du Groupe de Brazzaville. Ils travailleront également sur les méthodes d’analyse des données afin de produire des indicateurs comparables à l’échelle régionale.
L’initiative s’inscrit dans la politique statistique régionale de la CEDEAO et dans la Vision 2050 de l’organisation. Cette dernière ambitionne une communauté plus intégrée, prospère et inclusive.
Un défi pour l’inclusion des personnes handicapées
Pour les organisateurs, disposer de statistiques harmonisées constitue une condition essentielle pour identifier les inégalités, orienter les décisions publiques et mesurer les progrès accomplis.
« Plusieurs pays ont fait des efforts en intégrant des questions spécifiques sur le handicap dans leurs opérations de collecte de données», a expliqué Samail Issa Ibrahim, expert en démographie et statistiques sociales à la Direction de la recherche et des statistiques de la Commission de la CEDEAO.
Le Togo pour sa part n’en demeure pas moins. En effet, le pays produit déjà des statistiques sur le handicap. Selon les résultats du cinquième Recensement général de la population et de l’habitat de 2022, les personnes handicapées représentent 10,7 % de la population au Togo, avec une proportion plus élevée chez les femmes (11,9 %) que chez les hommes (9,5 %).
Toutefois, l’exploitation et l’analyse des données collectées demeurent encore insuffisantes. L’amélioration de la qualité des statistiques devient alors essentielle. Cette approche ne se limite plus à une définition strictement médicale du handicap. Elle s’intéresse davantage aux limitations que peuvent rencontrer les individus dans leur vie quotidienne, notamment pour voir, entendre, marcher, communiquer ou encore se concentrer.
« On ne corrige pas ce qu’on ne mesure pas », a souligné Deweh Emily Gray, représentante résidente de la CEDEAO au Togo. Elle explique que des statistiques fiables sont indispensables pour identifier les obstacles auxquels font face les personnes handicapées dans l’accès à l’éducation, à l’emploi ou encore aux soins.
In fine, l’amélioration de la qualité des statistiques du handicap permettra non seulement de mieux comprendre les réalités vécues par les personnes handicapées, mais aussi de garantir que les politiques de développement mises en œuvre dans la région répondent réellement aux besoins de tous les citoyens.
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