Le parquet spécial de la CRIET a rendu ses réquisitions dans une affaire de trafic de faux permis de conduire à Cotonou. Si la relaxe a été demandée pour deux coprévenus étrangers, le principal accusé, un ancien militaire français reconverti dans les affaires, risque une peine de détention.
Le dénouement approche dans l’affaire des faux permis de conduire qui secoue la communauté expatriée au Bénin. Lundi 15 juin 2026, le ministère public près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a requis une peine de 24 mois d’emprisonnement, dont quatre mois ferme, assortie d’une amende de 2 millions de francs CFA (environ 3 000 euros), à l’encontre d’un ancien commandant des forces spéciales françaises. Poursuivi pour « fausses attestations », cet ancien militaire français, désigné par ses initiales R.F. dans les médias locaux, est le seul à comparaître sous mandat de dépôt.
Un réseau de faux permis pour expatriés européens
Installé au Bénin depuis plusieurs années pour sa reconversion dans l’entrepreneuriat, l’ancien militaire français est accusé d’avoir activement participé à l’établissement de faux permis de conduire béninois au profit d’expatriés européens de son entourage.
L’instruction menée par les services de sécurité a mis en lumière les rouages logistiques et financiers de ce réseau de contrefaçon. Chaque document de conduite litigieux était facturé 150 000 francs CFA (soit environ 229 euros). Selon l’accusation, une partie de cette somme était directement reversée à l’ancien officier sous forme de commission pour son rôle de mise en relation. Lors des perquisitions policières, les enquêteurs ont saisi du matériel informatique ainsi que des fichiers vidéo présentés comme des preuves de la fabrication des faux documents.
L’ex-militaire français conteste
Devant la chambre correctionnelle de la CRIET, les versions des trois prévenus divergent sensiblement, ce qui a conduit le parquet à différencier ses réquisitions. L’ex-militaire français nie fermement les faits de fraude qui lui sont reprochés. Sa ligne de défense consiste à s’afficher comme un simple intermédiaire et à désigner un tiers comme le véritable organisateur du réseau. Le parquet réclame sa condamnation à 24 mois de prison (dont 4 ferme).
L’opérateur économique russo-belge, qui comparaît sans mandat de dépôt, conteste avoir utilisé un faux permis de conduire au cours de ses activités. Le ministère public a estimé les charges insuffisantes et a requis sa relaxe pure et simple.
Le second citoyen français, également laissé libre, reconnaît avoir été en possession du document falsifié mais affirme avoir totalement ignoré son caractère frauduleux. Il a précisé avoir préalablement fait convertir son permis français lors d’un séjour en Côte d’Ivoire. Le parquet a également demandé sa relaxe.
La défense de l’ancien commandant français a plaidé la relaxe pure et simple, estimant que les éléments compilés dans le dossier d’instruction ne permettaient pas de caractériser avec certitude la responsabilité pénale de son client, qui reste présumé innocent.
Débuté le 16 février 2026, ce procès suivi a été mis en délibéré. La CRIET rendra sa décision finale le 20 juillet 2026.
Cliquez-ici pour nous rejoindre sur notre chaîne WhatsApp






