Le président du Conseil, Faure Gnassingbé a dirigé les 7 et 8 avril le premier séminaire gouvernemental de 2026. Ce rendez-vous décisif a permis de faire un point de la feuille de route gouvernementale 2020-2025 dont le taux d’exécution à 68,79 %. A l’issue, le gouvernement annonce avoir tiré des leçons pour mieux structurer la nouvelle Feuille de route 2026-2031.
De la note officielle ayant sanctionné les travaux, il revient que le chef du gouvernement a dirigé les travaux avec une franchise rare. Qualifiant la rencontre de « moment de vérité et d’exigence », Faure Gnassingbé a appelé ses collaborateurs à plus de rigueur et de lucidité. Il s’attend améliorer la lisibilité des priorités publiques et garantir une exécution plus efficace des projets.
Le constat de la période écoulée (2020-2025) sert de point de départ. Cette période était marquée par un contexte mondial turbulent avec la pandémie de COVID-19, la guerre en Ukraine, les menaces sécuritaires au Sahel. Mais le gouvernement affiche un taux d’exécution global de 68,79 %. Un score présenté comme « témoignant de la résilience du pays », mais qui appelle néanmoins à une élévation du niveau d’exigence.
« Les résultats enregistrés témoignent de la pertinence des orientations retenues, mais ils appellent à une élévation du niveau d’exigence dans la conception, la planification et le suivi des politiques publiques », a souligné le Président du Conseil.
2026-2031 : nouvelle ambition de Faure Gnassingbé
Si la continuité est de mise, la nouvelle Feuille de route gouvernementale se veut plus structurée. Elle s’articule autour de trois axes stratégiques fondateurs, déclinés en programmes concrets.
D’abord protéger. D’après les autorités, il s’agit de préserver la sécurité et la paix, tout en renforçant la résilience nationale face aux crises multiples (climatiques, énergétiques, sanitaires). Ensuite, rassembler. Cet axe vise à affermir le leadership républicain et la cohésion nationale à travers l’inclusion sociale. Enfin, il s’agira de transforme. C’est ici le cœur économique du dispositif. L’objectif est de rendre l’économie togolaise plus compétitive, plus inclusive et mieux préparée aux défis du XXIᵉ siècle.
Cette triade s’inscrit dans la continuité de l’adresse présidentielle devant le Parlement du 2 décembre 2025, confirmant la vision stratégique du pouvoir pour le mandat en cours.
Fini les silos, place à la discipline
Au-delà des axes, c’est la méthode qui retient l’attention. Le gouvernement a identifié les faiblesses de la gestion précédente. On relève le manque de sélectivité, indicateurs de suivi perfectibles et travail en silos.
Pour 2026-2031, quatre principes directeurs ont été actés. Le gouvernement mise sur une sélectivité accrue. Il sera question de concentrer les ressources sur les actions à fort impact pour les populations. Il veut mettre en avant une cohérence intersectorielle. La volonté étant de rompre avec la logique de silos entre ministères pour privilégier les synergies.
Le gouvernement entend également renforcer la discipline. Ce qui sera basée sur des indicateurs mesurables, vérifiables et directement perceptibles dans le quotidien des citoyens. Il entend aussi prendre en compte effectivement les contraintes budgétaires et les dynamiques mondiales.
Cette approche vise à éviter l’émiettement des efforts et à garantir que chaque franc investi produise un effet tangible.
Un contexte international sous tension
La nouvelle feuille de route gouvernementale est élaborée dans un environnement mondial particulièrement hostile. Le communiqué pointe du doigt le ralentissement de la croissance mondiale, la volatilité des marchés, le renchérissement du financement et l’affaiblissement du multilatéralisme.
Face à ces défis exogènes, Lomé mise sur la souveraineté. Qu’elle soit alimentaire, énergétique ou numérique, la volonté est de réduire la vulnérabilité du Togo aux chocs externes. « Ces facteurs renforcent l’exigence de résilience économique, de crédibilité macroéconomique et de renforcement de la souveraineté numérique », note le document officiel.
Les défis de la mise en œuvre
La synthèse des orientations a déjà été partagée avec les secrétaires généraux et directeurs de cabinet, maillons essentiels de la chaîne opérationnelle. Mais le vrai défi reste celui de la traduction sur le terrain.
Le gouvernement le reconnaît implicitement : la discipline dans l’exécution et la qualité des indicateurs de suivi seront les clés de voûte de cette nouvelle stratégie. Après un quinquennat marqué par des crises sanitaires et géopolitiques majeures, le Togo cherche à consolider ses acquis (agriculture, énergie, digital, climat des affaires) tout en accélérant la transformation structurelle de son économie.
Le pari de 2031 ? Que les populations ressentent concrètement cette « transformation » dans leur pouvoir d’achat, leur accès aux soins et leur sécurité quotidienne. La feuille de route gouvernementale est tracée.
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