Faure Gnassingbé était mardi devant le Parlement où il a présenté sa déclaration de politique générale en tant que président du Conseil. Son discours repose sur la consolidation de la Ve République parlementaire, la protection de la Nation et la transformation économique et sociale du pays. Il a tracé une feuille de route fondée sur la responsabilité partagée, la cohésion nationale et une gouvernance orientée vers les résultats.
Dès l’ouverture de son allocution, Faure Gnassingbé a insisté sur la portée historique du moment. « J’ai l’honneur d’assumer les fonctions de président du Conseil pour conduire avec vous l’action publique dans une nouvelle étape de l’histoire de notre pays », a-t-il déclaré.
Devant les élus, il a salué l’adoption de la Ve République, présentée comme un tournant majeur. Selon lui, les togolais construisent aujourd’hui ensemble une République nouvelle, une République d’équilibre, une République d’avenir.
La responsabilité parlementaire
Le chef du gouvernement a évoqué une réforme constitutionnelle “menée sans rupture, sans fracas”, guidée par “l’intérêt supérieur de la Nation”. D’après lui, ce nouveau cadre consacre un principe clair : « C’est désormais ici, dans cette Assemblée, que se détermine la politique de la Nation. »
Faure Gnassingbé a souligné que la transition vers un régime parlementaire implique un changement profond de culture politique. « Aucun homme seul, aucun pouvoir seul, ne peut porter une transformation durable », a-t-il martelé, appelant à une dynamique collective. Il a rappelé le rôle de chacun : une majorité appelée à agir, une opposition chargée de veiller et de proposer.
Le président du Conseil a également invité les parlementaires à promouvoir davantage de débats, de transparence et de proximité avec les citoyens : « Dans cette nouvelle République, chaque parlementaire est plus que jamais comptable devant le peuple. »
Les 3 priorités de Faure Gnassingbé
Le discours s’est structuré autour de trois axes majeurs. Protéger, d’abord. Face aux instabilités régionales, notamment au nord, Faure Gnassingbé a promis un engagement total : « Sécurité des citoyens, stabilité des institutions, paix sociale : tout commence là. » Il a évoqué une stratégie combinant prévention, résilience communautaire et développement, tout en réaffirmant le rôle diplomatique du Togo comme « partenaire fiable pour la paix et l’intégration régionale ».
Rassembler, ensuite. Il a plaidé pour une République d’équité et de proximité, soutenue par une décentralisation plus active : « Rassembler, cela veut dire gouverner pour tous les Togolais, sans exclusion, sans privilèges, sans complaisance. » Il a également insisté sur le rôle essentiel de l’opposition dans le débat démocratique : « La démocratie ne s’accommode pas du monologue, elle s’enrichit du débat. »
Transformer, enfin. Faure Gnassingbé a appelé à un changement d’échelle pour accélérer le développement : « Il ne s’agit plus de gérer l’existant, mais de changer d’échelle. » Dix grands chantiers seront prioritaires, allant de l’éducation à la santé, en passant par l’accès à l’eau, l’électricité, la justice territoriale ou la transition écologique. L’objectif est de produire des résultats visibles et mesurables sur tout le territoire.
Une justice modernisée et plus humaine
Le président du Conseil a affirmé sa conviction qu’« il n’y a pas de République forte sans justice ». Il a annoncé des mesures de grâce ciblées pour certains détenus âgés, malades ou condamnés pour des délits mineurs, tout en précisant qu’il s’agit d’une démarche d’humanité, non de laxisme : « Les crimes graves ne sont pas concernés. La rigueur restera la règle. »
La modernisation judiciaire vise, selon lui, à garantir une justice plus rapide, plus accessible et plus fiable, indispensable à un climat propice à l’investissement et à l’entrepreneuriat.
Faure Gnassingbé a insisté sur la nécessité d’une nouvelle méthode de gestion publique : « Je veux que ce mandat soit jugé non sur ses intentions, mais sur ses résultats. Chaque ministre sera soumis à des objectifs précis avec un suivi rigoureux et un tableau de bord gouvernemental partagé avec les parlementaires », a affirmé le Chef de l’exécutif.
Il a également réaffirmé l’importance du dialogue institutionnel en rassurant que les membres du gouvernement viendront devant l’Assemblée autant que nécessaire pour rendre compte, ajuster, corriger.
Par ailleurs, le président du Conseil a rappelé que la réforme institutionnelle opérée en mai 2024 se veut un levier pour améliorer la vie des citoyens. « Notre horizon n’est pas celui d’une législature, mais celui d’un pays qui veut avancer sans laisser personne derrière », a-t-il insisté.
Faure Gnassingbé a enfin résumé la philosophie de la transition en une République d’équilibre en construction qui devra répondre aux défis de l’époque. Ces défis sont la paix, l’inclusion, le développement durable, l’innovation. Elle doit être une République d’avenir.
Rejoignez-nous sur notre chaîne WhatsApp pour plus de détails



