Faure Gnassingbé, le président du conseil était sur le front Nord, le 7 mai dernier. Le chef suprême de l’armée togolaise s’est rendu au front à Tchamonga pour toucher la réalité dans la zone de l’Opération Koundjoaré. Il a appelé les militaires à prévenir toute tentative de déstabilisation dans un environnement sécuritaire régional préoccupant.
Ce déplacement avait pour but officiel de contrôler la conduite des opérations et l’état de la sécurité, d’ajuster la stratégie sur le terrain et d’encourager les personnels de l’armée togolaise déployés, alors que les défis sécuritaires demeurent entiers.
Officiellement, tout va pour le mieux. Mais ce déplacement de Faure Gnassingbé dans la zone de l’opération Koundjoaré marque un tournant. C’était une tournée d’audit de crise réalisé à même la « caisse à sable ».
Sur le front à Koundjoaré, les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) du Togo ne cessent de fournir des efforts. Mais lors du déplacement de Faure Gnassingbé, il a été évoqué des « défis rencontrés sur le terrain ».
En effet, l’adversaire — les Groupes Armés Terroristes (GAT) — a muté avec l’utilisation des mines artisanales (IED), le harcèlement de nuit, ou encore le renseignement humain infiltré. La menace ne se laisse plus fixer. En s’attardant au Poste de Commandement Opérationnel (PCO), Faure Gnassingbé a dû faire face à une réalité que les rapports papier ne transmettent pas toujours : l’usure des hommes et la complexité d’une guerre asymétrique où la ligne de front est partout et nulle part.
Echanges avec la troupe au front à Tchamonga
Faure Gnassingbé a eu des discussion avec les troupes de l’opération Koundjoaré. Il a promis de prendre en compte les besoins opérationnels « progressivement ». « Il a rassuré le personnel de la prise en compte progressive des besoins exprimés en vue de l’amélioration continue des capacités opérationnelles », indique le ministère de la défense nationale.
La guerre dans les Savanes coûte cher. De plus, les « besoins exprimés » par la troupe ne concernent pas seulement l’armement lourd, mais souvent le quotidien. Le chef du gouvernement a témoigné sa reconnaissance à la troupe qu’il a encouragée à continuer la mission de protection avec abnégation.
« le Président du Conseil, Chef Suprême des Armées, a exhorté les personnels engagés à demeurer vigilants, déterminés et animés d’un sens élevé du devoir et du sacrifice, afin de prévenir toute tentative de déstabilisation, au regard d’un environnement sécuritaire régional qui demeure préoccupant », lit-on dans le rendu du ministère de la défense nationale.
Le choix du poste avancé de Tchamonga, dans la bande frontalière Est, pour l’allocution présidentielle, n’a rien d’un hasard géographique. Il confirme un déplacement du centre de gravité de la menace. Si l’axe central a longtemps été le point de friction, l’Est, mitoyen d’un Bénin lui aussi sous pression et d’un Burkina Faso imprévisible, devient la nouvelle zone de vulnérabilité.
En se rendant physiquement sur ce Poste Opérationnel Avancé, Faure Gnassingbé a voulu signifier que le pays a pris la mesure de la difficulté. Cette visite était, au fond, celle d’un nouveau « Président du Conseil » venant sceller un pacte avec son armée.





