Togo : liberté provisoire pour les 2 journalistes français et leur fixeur

Didier ASSOGBA
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Didier ASSOGBA est journaliste multimédia, consultant médias, enseignant et politologue togolais. Actif depuis 2009, il dirige TogoBreakingNews.info depuis 2014. Diplômé de l’UCAO-Togo et formé à l’ESJ...
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Nouvelle étape dans l’affaire qui avait conduit à l’incarcération de deux journalistes français et de leur fixeur togolais au Togo. Après plusieurs semaines de détention, les trois membres de l’équipe de tournage ont bénéficié d’une liberté provisoire, accordée sur décision du juge d’instruction chargé du dossier.

Cette décision intervient alors que l’affaire, ouverte fin juillet, avait suscité une attention particulière au Togo comme en France. Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani et leur fixeur togolais restent concernés par la procédure judiciaire engagée à leur encontre, mais ne sont désormais plus placés sous mandat de dépôt.

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Une arrestation lors d’un tournage dans le nord du Togo

Les faits remontent au 27 juillet 2026. Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani et leur collaborateur togolais avaient été interpellés au marché de Matchatom, dans la préfecture de la Binah, alors qu’ils réalisaient un tournage dans le cadre d’un projet documentaire.

Selon les éléments communiqués à l’époque par les autorités togolaises, l’équipe travaillait sur le documentaire « Les Routes de l’impossible », produit par la société française Tony Comiti Productions. Les autorités avaient notamment relevé l’utilisation d’un drone dont les caractéristiques n’auraient pas été préalablement déclarées. L’enquête avait également porté sur les autorisations administratives dont disposait l’équipe et sur les localités effectivement visitées au cours du tournage.

Le gouvernement togolais avait expliqué que l’autorisation délivrée le 19 juin 2026 par le ministère chargé du Tourisme, de la Culture et des Arts était établie au nom de Komi Mawufemo Védomey, producteur-réalisateur togolais et seul requérant identifié. Elle était en outre assortie de formalités et limitée à certaines localités.

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Selon les autorités, l’équipe s’était rendue dans plusieurs zones qui ne figuraient pas dans le périmètre autorisé, notamment Mango, Guérin-Kouka et Matchatom.

Une procédure pour « fausses déclarations »

Après leur interpellation, les trois membres de l’équipe avaient été conduits à Lomé avec leur matériel saisi. Une enquête avait été ouverte sous l’autorité du parquet de Lomé. Présentés au procureur de la République le 17 août, les trois intéressés avaient été entendus en présence de leur avocat. Une information judiciaire avait ensuite été ouverte et confiée à un magistrat instructeur.

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Ils avaient été inculpés pour « fausses déclarations », sur la base de l’article 680, 5° du nouveau Code pénal togolais, puis placés sous mandat de dépôt le même jour.

Dans son communiqué, le gouvernement avait toutefois insisté sur un point : selon lui, la procédure ne concernait ni le contenu du documentaire ni l’exercice de la liberté de la presse, mais les conditions administratives et réglementaires dans lesquelles le tournage aurait été effectué.

Liberté provisoire par le juge d’instruction

La décision de placer les trois prévenus en liberté provisoire marque désormais un tournant dans la procédure. Elle relève du juge d’instruction, désormais chargé de poursuivre les investigations et de déterminer les suites judiciaires à donner au dossier.

Cette mesure ne signifie donc pas la fin de l’information judiciaire ni l’abandon des poursuites. Elle permet aux trois membres de l’équipe de retrouver leur liberté dans l’attente de la suite de la procédure. Le dossier demeure ainsi entre les mains de la justice togolaise, conformément au principe d’indépendance du pouvoir judiciaire rappelé par les autorités.

L’affaire avait pris une dimension particulière en raison de la nationalité des deux journalistes et de l’attention portée aux conditions d’exercice du journalisme au Togo. La décision de liberté provisoire devrait désormais permettre à la procédure de se poursuivre dans un climat moins tendu, tandis que le juge d’instruction devra continuer à examiner les faits reprochés aux trois intéressés.

À ce stade, la décision de liberté provisoire ne préjuge ni de leur culpabilité ni de l’issue de la procédure. Le dossier reste donc ouvert, dans l’attente des conclusions de l’instruction.

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Didier ASSOGBA est journaliste multimédia, consultant médias, enseignant et politologue togolais. Actif depuis 2009, il dirige TogoBreakingNews.info depuis 2014. Diplômé de l’UCAO-Togo et formé à l’ESJ Lille, il est spécialisé en analyse politique, gouvernance, communication digitale et médias numériques en Afrique de l’Ouest.