Gerry Taama exprime une vision profondément pessimiste de l’évolution politique et sociale du Togo. L’ancien député, aujourd’hui reconverti en affaires, estime que l’avenir du pays est figé, privé d’alternance, d’espoir collectif et de libertés fondamentales. Ancien président du Nouvel Engagement Togolais (NET), il appelle les togolais à regarder en face une réalité que, selon lui, beaucoup préfèrent ignorer.
Dans une publication diffusée sur son compte Facebook, Gerry Taama affirme que la perspective d’une alternance politique n’existe plus. « Aujourd’hui, nous savons qu’il n’y aura plus d’alternance politique », écrit-il, évoquant un système qu’il juge désormais verrouillé. Pour l’ancien candidat à la présidence togolaise, cette conviction ne relève plus d’une opinion isolée, mais d’un sentiment largement partagé au sein de la population.
Selon lui, cette situation explique l’indifférence croissante observée dans la société togolaise. Il décrit un avenir « figé », qui aurait progressivement vidé l’engagement politique de son sens. Cette indifférence ne serait pas synonyme de désintérêt, mais plutôt le résultat d’une lassitude collective face à l’absence de perspectives de changement.
Gerry Taama évoque également ce qu’il considère comme un échec des luttes politiques menées ces dernières années. « Nous avons lutté et perdu », affirme-t-il, allant jusqu’à parler d’une « reddition complète, sans condition ». Une déclaration qui tranche avec les discours habituels de l’opposition et qui traduit, selon plusieurs observateurs, un profond désenchantement.
La résignation que dénonce Gerry Taama
L’ancien président du NET pointe ensuite l’affaiblissement des structures politiques et sociales. Il estime que les partis politiques ont été « systématiquement annihilés », perdant leur capacité à jouer leur rôle de forces d’opposition crédibles. Dans le même temps, il fait remarquer que les syndicats ont été « décapités », limitant leur aptitude à défendre les revendications des travailleurs et à mobiliser les citoyens.
À cette marginalisation des acteurs politiques et sociaux s’ajoute, selon lui, une réduction significative des libertés publiques. Gerry Taama note des libertés « presque toutes émasculées », laissant entendre qu’elles subsistent davantage sur le plan formel que dans la pratique. Il fait notamment référence aux restrictions pesant sur la liberté d’expression, de manifestation et d’organisation.
Dans sa publication, l’ancien homme politique dresse enfin un portrait sombre de la société togolaise, qu’il décrit comme un pays des ombres. Conséquence, selon lui, d’un climat politique marqué par la peur, la résignation et l’autocensure. Une image qui reflète son inquiétude quant à l’état du débat public et à la capacité des citoyens à se projeter dans un avenir commun.
« Les partis politiques ont été systématiquement annihilés, les syndicats décapités et presque toutes les libertés publiques émasculées. Nous sommes devenus un pays des ombres, où les consciences se sont atrophiées, les identités effacées », a déploré l’ancien officier des FAT.
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