Le dossier des prisonniers politiques togolais reste persistant dans le débat national. À l’Assemblée nationale, Brigitte Adjamagbo-Johnson, secrétaire générale de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA) et figure de l’opposition, a interpellé le ministère de la Justice au sujet de la grève de la faim observée par plusieurs détenus, incarcérés pour des raisons politiques.
Dans l’hémicycle, l’élue, membre de la Dynamique pour la majorité populaire (DMP), a sommé le gouvernement de s’expliquer sur l’état de santé des grévistes et sur les conditions de leur détention. C’est le directeur de l’Administration territoriale qui répond affirmant avoir rencontré un groupe de ‘prisonniers politiques’, citant notamment Grâce Koumayi Bikoni parmi les personnes concernées. Une déclaration censée rassurer la représentation nationale sur le suivi du dossier.
Mais dans les rangs de l’opposition, le discours officiel est jugé pour le moins ambigu. Selon plusieurs sources, cette « rencontre » n’aurait pas eu pour objectif de négocier une sortie de crise, mais de pousser les prisonniers à solliciter eux-mêmes leur remise en liberté. Une démarche perçue par leurs soutiens comme une forme de pression, voire de manœuvre politique. « Cela s’apparente à de la manipulation », a dénoncé Brigitte Adjamagbo-Johnson, pour qui « la seule issue crédible » à cette crise reste la libération immédiate des détenus.
Ultime recours pour les prisonniers politiques
Brigitte Adjamagbo-Johnson met en garde contre les conséquences possibles de cette grève de la faim, qui se prolonge et fragilise l’état de santé des personnes concernées. Si le gouvernement persiste, selon elle, « il portera seul devant l’histoire la responsabilité des conséquences ». Une formule lourde de sens, dans un pays où les opposants dénoncent régulièrement une répression des voix dissidentes, notamment depuis les manifestations politiques organisées en juin dernier.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de crispation entre opposition et pouvoir exécutif. Le Togo est régulièrement pointé du doigt par des organisations internationales de défense des droits humains pour l’usage de détentions jugées arbitraires et pour la restriction de l’espace civique. Les autorités, de leur côté, rejettent ces accusations et affirment agir dans le strict respect de la loi et de la sécurité publique.
La grève de la faim, en tant qu’ultime recours pour les prisonniers politiques, remet sous les projecteurs un malaise politique que les institutions ont de plus en plus de mal à contenir. L’opposition, les organisations de la société civile et l’opinion publique attendent désormais des actes plus que des déclarations.
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